‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 6 sur 105 · DU CH AND K · texte numérisé non relu

DU CH AND K

La pratique démontre qu’il est assez difficile de maintenir une circulation de papier plus grande que ne l’exigent les besoins du pays. Une banque ne peut raisonnablement faire des émissions que d’après des demandes, ces demandes proviennent de l’activité des affaires ; mais par suite de la spéculation, les prix des produits peuvent s’élever au-dessus de la valeur courante par rapport aux autres pays. Quand la valeur des marchandises change, s’il s’agit simplement d’une transaction entre des personnes habitant le même pays, la balance que l’une doit à l’autre parait seule affectée; si c’est avec l’étranger, la chose est différente. Le produit reste-t-il dans le pays? il ne fait que changer de main, et une dépréciation dans sa valeur n’affecte que les particuliers, sans avoir d’intluence sur la richesse générale du pays. Mais en cas de hausse, sans que la somme des produits ail varié, la puissance d’acquisition aura augmenté, en cas de baisse elle aura diminué.

Il n'en est pas de même dans les rapports avecl’étranger; aussitôt que les prix s’élèvent au-dessus des prix moyens sur le marché général du monde, aussitôt la compensation par l’échange des produits devient impossible; il y a un défaut de balance dans la circulation des lettres de change qu’il faut combler à tout prix. Les cours du change indiquent l’étendue des besoins et le drainage des espèces métalliques commence.

Les cours du change sont donc la véritable pierre de touche pour mesurer les excès de la circulation fidu-

ciaire, que l’émission provienne îles banques ou du public lui-même, comme nous le verrons en étudiant le change.

En regard des comptes rendus officiels des banques de France et d’Angleterre, il faudrait placer le tableau officiel des prix des marchandises, afin de se rendre compte des rapports qui peuvent exister entre eux. Quoique ce dernier document bien incomplet laisse beaucoup à désirer, on peut cependant constater qu’il n’y a pas de période prospère sans une hausse pour ainsi dire continue des prix des principaux produits, et c’est toujours quand elle a atteint le chiffre maximum que la crise éclate.

Le crédit est le premier et le principal moteur de tout ce mécanisme.

La cote officielle des courtiers de commerce sous les yeux, on voit les prix s’élever pendant un certain nombre d’années, en présentant les plus grands écarts, jusqu’à ce qu’une crise les arrête brusquement et les précipite des plus hauts cours aux plus bas, opérant ainsi un mouvement de bascule en sens inverse pour rétablir l’équilibre et servir de point de départ à un nouveau mouvement ascensionnel.

Cette hausse de prix inégale sur les divers marchés, et pour les divers produits, rend plus difficiles les ventes et les achats, et en ralentissant les échanges nécessite l’in-* tervention de nouveaux moyens de circulation en l’absence des lettres de change que celte stagnation n’a pas permis de créer.

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