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DE LA CIRCULATION

Qu’est-ce que la circulation ? que doit-on comprendre sous cette dénomination ?

Si on examine ce qui se passe autour de soi, on constate que les lingots, le numéraire et les billets composent la circulation d’un pays.

Il y a donc deux espèces de circulation, la circulation métallique composée des métaux précieux, et la circulation fiduciaire composée des billets émis par les banques et par le public pour le règlement des affaires. Cette définition pourra paraître un peu trop générale, car, aujourd’hui, on discute encore s’il ne faut pas comprendre sous ce terme les seuls billets émis par les banques et payables à vue et au porteur. Deux opinions ■complètement opposées se sont toujours trouvées en présence dans toutes les discussions qui ont eu lieu en Angleterre sur ce sujet. L’une défend ce que l’on appelle le cvrrency principle, et l’autre le bankinq prmciple.

Le currency princip/e est basé sur la théorie d’Adam Smith, qui le premier établit comme un dogme que le papier-monnaie de toutes sortes qui pouvait aisément circuler dans un pays, ne devait jamais dépasser la valeur de l’or et de l’argent dont il tenait la place, et qui circulerait, en supposant que le commerce restât le même, si ce papier-monnaie n’existait pas; cependant, malgré la réserve de sa définition (en supposant que le commerce restât le même), Adam Smith reconnaît que l’émission des bank-notes augmente le commerce et par conséquent échappe à sa définition puisqu’elle est faite pour satisfaire à un nouveau besoin qu’elle détermine et alimente. Sans doute la monnaie fiduciaire ne change rien à la somme des produits ou au capital disponible, mais elle lui permet de circuler sans avoir recours aux espèces métalliques, moyen coûteux et qu’on n’a pas toujours à sa disposition. Vouloir régler les échanges sur la monnaie métallique d’un pays, c’est vouloir transformer toutes les opérations commerciales en opérations au comptant.

Prenant cette doctrine pour base, les principaux promoteurs de l’acte de \ 844 ont essayé de réduire le rôle de la circulation fiduciaire aux seuls billets émis par la banque d’Angleterre; voici comment lord Overstone s’exprimait à ce sujet dans l’enquête de 1857 :

La monnaie de papier, dit-il, doit varier comme la monnaie métallique, et les affaires pourraient se faire avec la monnaie métallique seule ; on préfère la mon-

naie de papier, parce qu’elle est plus légère, moins embarrassante. Elle n’est donc pas indispensable à la circulation des produits, si elle était retirée il entrerait aussitôt dans le pays une quantité de monnaie métallique suffisante pour la remplacer; car, en résumé, sur quoi sont basées les affaires? sur le capital, et l’émission de la monnaie de papier ne change rien au capital.

Tooke, au contraire, ne pense pas que dans une circulation mixte les fluctuations de la circulation générale en papier soient exactement les mêmes que celles de la monnaie métallique. Une variation semblable correspondant exactement aux variations de la monnaie métallique serait préjudiciable, et occasionnerait des oscillations fréquentes et violentes dans le taux de l’intérêt.

Il n’est même pas nécessaire pour que le papier soit conforme à la valeur de l’or qu’il lui soit conforme en quantité; tant qu’il est convertible en monnaie métallique et qu’il circule, on ne peut pas dire que la valeur de la circulation soit affaiblie. Il suffit que l’influence des changes défavorables ne se fasse pas encore sentir en abaissant le niveau des réserves métalliques, pour qu’on puisse assurer que la circulation est toujours au pair.

Les partisans du Banking principle et Tooke Wilson Fnllarton sont de ce nombre, n’admettent aucune restriction à l’émission du papier. Pourvu que les billets soient payables à vue, l’émission peut dépasser sans danger la somme en espèces qui serait nécessaire si la circulation était exclusivement métallique.

Il est impossible déjuger d’après la quantité du papier émis s’il est en excès ou non, le seul témoignage de sa valeur se trouve dans les prix de l’or et l’état des changes étrangers.

D’accord avec Adam Smith et les plus illustres écrivains, on a toujours considéré une circulation de papier constamment convertible en espèces, comme une des plus grandes améliorations pratiques qui pût être introduite dans l’économie politique et domestique d’un État.

En Angleterre, on estime que l’établissement des banques de province, qui émettent un papier de cette nature, a été l’origine de la plupart des progrès qui ont développé dans ce pays la prospérité et la richesse, que les nations ses émules cherchent à obtenir par les mêmes moyens.

Mais doit-on attribuer ces heureux résultats à la seule émission du papier par la banque centrale, ou à l’ensemble des institutions de crédit qui, répandues sur toute la surface de la Grande-Bretagne, ont permis à tout le papier fiduciaire en usage dans les affaires, de circuler avec facilité par ces mille canaux toujours ouverts pour diriger le capital disponible là où il était recherché? celte dernière opinion paraît être confirmée par la pratique.

On se méprend, dit Tooke, en regardant l’émission et la circulation des billets comme une partie importante des affaires de banque ou comme un objet d’utilité pu-

blique. La circulation est une partie très-faible et trèsinsignifiante delà totalité des engagements des banques; dans les liquidations après faillites, il a été démontré que leurs engagements étaient considérables, tandis que leur circulation représentait seulement 7 à 8 0/0 du passif.

Que doit-on donc comprendre sous le nom de circulation fiduciaire?

Selon lui la circulation comprend:

1° La monnaie métallique;

2° Les billets de banque qui passent de main en main sans signature individuelle;

3° Les chèques.

La circulation métallique d’un pays est très-difficile à déterminer : d’après les autorités les plus compétentes, on n’obtient encore que des chiffres approximatifs.

On l'évalue en Angleterre à livres 70, 000, 000 (1,750,000,000 fr.); en France, de 1,500,000,000 à

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