‹ Du chantChapitre 11 sur 41 · V LA · texte numérisé non relu

V LA

LE PARF UM IMPÉRISSABLE , Lee A Oband la fleur du ot, la rose de Tahor. “A Le

De son âme odorante à rempli goutte à goutte La fiole d'argile, ou de cristal, ou d’or,

Sur le sable qui brûle on peut l'épandre toute.

Les fleuves et la mer inonderaient en vain Ce sanctuaire étroit qui la tint enfermée

Il garde en se brisant son arome divin, Et sa poussière heureuse en reste parfumée.

LS

| Puisque, par la blessure ouverte de mon cœur! ee en - Tu t’'écoules de même, Ô céleste liqueur ! HAE Inexprimable amour. qui m'enflammais pour elle!

.Qu’il lui soit pardonné, que mon mal soit béni, Par delà l'heure humaine et le temps infini, OA Mon cœur est embaumé d’une odeur immortelle! We

D Prenons les premiers vers Quand la fleur du soleil, la rose de Lahor,

De son âme odorante à rempli goutte à goutte + - La fiole d'argile ou de cristal, ou d’or, tu)

La phrase, vous le voyez, est longue ; elle est encore allongée et prolongée par muse que, qui est lente, posée. Où puis-je respirer | dans cette phrase ? Evidemment, je pourrais s à respirer, à la rigueur, pendant La virgule qu. suit : Quand La te du soleil, et pendant la virgule qui suit : la r05e de Lahor. Ce serait ae Re MOCOrTECE — ét niais: . de

Pourtant, je ne puis avoir la prétention de chanter ce vers et les deux “suivants d’une 2» dr: même coulée : ce serait presque impossible et causerait à l'auditeur une impression de fatigue …

- <t d'angoisse. Donc, en vertu d’un principe que j'essaierai de déterminer tout à l'heure (ét qui Tes …. je crois, n’a pas encore été formulé), je respi- Li: rerai après « Lahor » ; mais cette respiration. nest possible gwe sz je la justifie en ayant l'air

Lahor. 1] fout donc que je les era premier membre de la phrase, et comme je ne VEUX pas respirer après : Quand la fleur du soleil (parce que ce serait puéril et couperait la phrase Fe musicale), voici ce que je ferai à

, Andante molto Mod? 4 go)

Quand ja fleur du soleil, la

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De son âme odorante a rempli foutte à à goutte

La fiole d'argile ou de cristal, ou. d'or, ve 2

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Le seul endroit où l’on pourrait respirer ne e sans choquer la raison serait entre « repli ». ES et « goutte à goutte », ce qui - à - d’ailleurs, une nouvelle respiration avant e

: ie Ce serait Role pee ridicule ; +

sur les mots La Pa HR je ne sais nn mais c’est impossible. Il est donc postes : de dire sans reprendre haleine : à __ De son âme odorante a rempli goutte % ee Ÿ La fiole d'argile. |

Ici, à la orande rigueur, vous pouvez respi- on re 5 mais ül faut alors qe vous UE 4e |

pe ans en avoir envie , après ou de cris- 4, Car. di vous ne le faisiez pas, si vous ne Fee : gniez de respirer à ces deux virgules, dans ee | seul but de marquer une énumération, il serait flagrant que vous avez respiré après argile ed que vous manquiez de souffle. Il vous faudrait à donc, encore une fois, faire : « & rempli goutte … à goutte La Fiole d'argile (respiration), ou de n cristal (respiration), 04 d’or ». Et, en vérité voilà bien des complications ! N’est-il pas plus naturel, plus simple et plus beau de chanter :

De son äme o- dorante a rempli

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goutte La fi0 - le d'ar gile ou de cristal ou d’or, —

| Te, vous respirez largement, et vous dites É sans respirer : He

4 rate Surle sable qui brule rs tou - té. 5

| Oui, sans respirer après « érrdle » (car il Faut es deux 7) et en plaçant entre « brñle net «on» un À marqué légèrement par une sorte d’expi- - ration de souffle, ce qui prête du relief et de la —. vérité à l'image de cette liqueur qui se répand hors du flacon en faisant une traînée sur le sable, — surtout si vous avez soin de donner toute sa valeur à la nasale pan dans « épandre », et de bien assujettir le fa dièse de « £ou- FLE », en le Ronan d'abord un peu par en- des-

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sous. (Bien ‘entendu, ces nétits actiRoee ILE ‘doi vent être pratiqués avec une discrétion et un tact extrêmes. Quand je chante, il ne faut pas que vous les surpreniez ; en les expliquant, je les grossis.)

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raïent en vain Ce sanctu aireétroitquilatint enfer. me. e

II n’est pas question, n'est-ce pas ? de respirer éntre ex vain et Ce sanctuaire ; mais l'on peut, en vertu d'un principe que je vous €exposerai tout à l'heure, respirer après Les fleuves et La mer, pour dire, ensuite, d’une seule haleine, inonderaient en vain. Ce sanctuaire, etc.

Pourtant, 1l me paraît préférable de dire tout d’une traite les deux vers. Encore faüut-1l pouvoir le faire. Continuons.

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Et sa poussièreheureuseenreste par fu - me - e. 7

On ne respire, bien entendu, qu'après divin.

Arrêtons-nous à ce dernier vers. = 10 Si vous le chantez d’une voix unie, de façon bien liée, avec un son égal, en faisant valoir l’élégance onduleuse de la phrase musicale, ce

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déjà très biens les mots ‘seront es =. He l’on percevra la pensée poétique. Mais la méta- Es RE: ne sera pas v/520le; on aura le sens, mais “4 D'non l'image; l’idée, mais non la sens sation. Si | vous voulez la donner, voici commefit 1] faut

* chanter ce Vers : Æ7 sa poussière heureuse en

. d’une voix douce, mais fermement appuyée avec

. un léger crescendo. Sur « reste », un pianissimo poune non point oblenu en diminuant subitez | . ment Le son, mais en lächant entièrement l’ appui + et en expirant fortement le Souffle Sur lr (Ve,

de res-fe largement ouvert); sur « 247 », vous re- prenez doucement l'appui, vous latte isses. À - au moyen de l'f ét vous laccentuez définitive 70 … ment sur « w/#ée », tout en prenant un peu par en dessous le fa sur lequel est placée la syllabe 4 . Voilà. Le léger crescendo sur Et sa pous- 4 siète heureuse donne l'idée d’un désir févreux ; la brusque atonie du son sur 7es/e exprime une » sorte de volupté causée par l'exhalaison d’un barome qu'on humée avec délice ; la- lente et. douce reprise du son sur parfumée donne une impression de bien-être et de quiétude. Il faut,

naturellement, RJputer. à tout cela l'aide de la

cœur__ Tutécou les de # de physionomie du regard, LiNtentEn et la ten-. sion de la parole Fa

qu oxrimahlé amour un m 'enflammüis pour elle__

hours à présent, notre chant a æ : été pour ainsi Ne contenu ; il a proposé des métaphores, développé des images. Maintenant l'émotion . doit intervenir et, peu à peu, nous dominer ; 510 notre voix se fera plus vibrante, notre accent. plus intense. Quant aux respirations, VOICI:

. H'ya différentes façons de respirer dans ces trois premiers vers; elles ont leur pour. et” leur contre : la mienne n’est sans doute pas plus 5 irréprochable que les autres, mais je l'ai choisie, donc je la préfère, Je pense qu'il faut dire sans respirer : »

Puisque, par la blessure ouverte de mon cœur, va

Tu t’écoules de même,

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: ayec un court arrêt du son sans 7espiration après cœu? ; avant 6 céleste liqueur ! une respiration rapide et profonde, bien audible, bien

marquée, en lui donnant pour ainsi dire le ca-

ractère d’un soupir convulsif ou d’un léger : | sanglot.… Pourquoi ? Parce que je tiens à ne pas respirer avant Inex primable amour (bien 2 que le.sens permette et impose même une respi- ie ration), car je trouve que cela fournit un effet expressif assez prenant, à la condition de. pro- ne ÿ céder d’une certaine manière. Suivez-moi bien:

. Tu Pécoules de même (respiration), 6 céleste

liqueur !IT nex primable amour qui m'enflammais pour elle. Après"la respiration halctante Re.

que je vous ai indiquée, nous ferons sur 6 céeste liqueur! un crescendo, en faisant bien

PR ae be: Cr - LUI

Sifflerle cet ls de céleste, en doublantl'/de liqueur, en pronon ant très purement les deuxi

… d'/rexprimable, sans mélange d'aucune autre … voyelle, des z véritables, crus, les mAchoires Tap-. prochées, le coin des lèvres légèrement tiré en. arrière, À partir d'amour, diminuez le son, tout en prisant le #2 d’exflammais très chaud, … avec un bâillement intérieur. Maïs afin de faire … sentir que ce dernier vers est une incidente, on peut, tout en ne respirant pas, arrêter le son …. après liqueur ! et, avant l’i d'Inexprimable, . donner très légèrement l’impression d’un COUP

…. de glotte (tout cela, bien entendu, rapide, léger, presque insensible). Cette manière est difficile, … je le sais, très difficile même. Et c’est pour cela CUT qu'elle est intéressante. ANNE Ce qui suit n’offré rien de particulièrement … malaisé, du moins en ce qui concerne la respie.: 0 Huration.: | Re é LEUR bi: À : [ARS + . D ; nr ee

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Eat dernière respiration, je voudrais bien | pouvoir la supprimer, mais c'est presque RPEe #4 | sible ; car je ne puis admettre que l’on respire ni in le dernier vers, bien que je l'aie souvent vu faire, — et, à moins d’une réserve de souffle . = vraiment exceptionnelle, on ne peut pas chanter les deux derniers vers sans reprendre haleine ; J'y arrive grâce à une grande parcimonie de l'expiration, mais cela exige un état physiologique particulièrement favorable et cause de. l'inquiétude à l’auditeur. Ainsi donc, nous pren- drons une belle et profonde respiration après « 2nfini », pour dire tout d'une traite, re ment et sans montrer le moindre effort :

Mon cœur est embauiné d'une odeur immortellel

sans nuances, en marquant bien les deux #2 d’smmortelle, en les prononçant même ee . s’il y en avait trois ; et malgré ce qu’il y a d’un peu arbitraire à garder pendant une longue blanche pointée un € muet, ainsi que. l’a dns qué l’auteur, nous Heniitons le x jusqu” au bout, en ayant soin de prononcer cet e muet un peu ouvert, et non pas comme sil y avait leu. Ce dernier vers, chanté ainsi, Une 4 seule et puissante coulée mélodique, doit cou- : ronner majestueusement ct marquer d’une sorte de stoicisme radieux l'expansion douloureuse et fière qui se dégage de cet admirable mor- 4 | ceau. CET Se

__ Je vous ai dit, tout à |” heure, que l’auditéur \fe

. ne devait pas s’apercevoir que l’on respirait en. chantant. Il y a pourtant des exceptions, et diet | sont nombreuses ; il faut souvent que l’on …

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