‹ Du chantChapitre 12 sur 41 · NES · texte numérisé non relu

NES

a ste Fe.

spi

ration ; cela peu

t ajouter beau

itende la re

. coup de charme ou de force à l’expression, sur- tout dans la musique dramatique où certaines

respirations, prises rapidement et bien enten-

dues du public, peuvent simuler un hoquet à

d'angoisse, un soupir, etc Même dans la musique vocale de chambre, dans la musique intime, ct effet est parfois nécessaire. Certes, il y faut plus de discrétion qu'au théâtre (où

. tous les effets doivent être mis à l’échelle d’une

grande salle, d’un grand cadre de décors), mais, cependant, assez de netteté pour qu'on | en puisse tirer tout l'effet désirable, Souvent même, une respiration placée à un endroit où l'on ne croirait pas qu’elle dût être, peut produire un effet imprévu, charmant ou grandiose,

. causer une impression délicieuse ou singulière.

- Quand M"° Krauss chanta pour la première

fois Gallia, le bel oratorio de Gounod, elle

avait « le trac. » Le trac a pour premier incon-

vénient de nous faire mal respirer. M*° Krauss

‘avait à chanter cette noble phrase que vous

connaissez :

ide SU Nos | pu. CHANT si ss 2

Elle l'avait Poe en Lspiaut avant : a “A Setgneur Dieu. à

Or, elle eut brusquement, pendant qu’elle chantait, une intuition géniale, comme elle en puisait souvent dans son cœur et voulut éviter de $ respirer à cet endroit pour faire en quelque 1 sorte rebondir la phrase sur le fa de Ze. Mais à peine avait-elle fait cette note qu’elle craignit d’être à court de souffle pour la terminaison et de ne pouvoir donner à l’#£ final (Dieu) l’ampleur et la force nécessaires. Alors, un second | mouvement de génie lui indiqua la solution juste et belle. Au lieu de ménager ce souffle : qui menaçait d’être insuffisant, elle lépuisa tout entier sur Seigneur, puis, ayant pris une respiration profonde, klle isola le mot Dieu qu'elle prononça de. toute son âme M. Massenet, de qui je tiens cette anecdote, me dit que l'effet avait été foudroyant.

'UNTN ES

VEN Te

| À PAPA à * 1 ln DRE & pété une dat , L'OS AOR pt ie Lu ch de CNE 7 PEN Re ue ”

LP an

Un autre exemple des ressources que peut fournir la respiration employée avec art, discernement et originalité : j'étais à Monte-Carlo et me promettais un grand plaisir d’une représen-. tation de Zohkengrin chanté par M. Jean de Reszké, Mon plaisir fut encore plus grand que Je.ne me l’étais imaginé : M. Jean de Reszké, ] je m'en aperçus dès son entrée en scène, gêné par. un léger enrouement, n'était pas en possession de tous ses moyens. M. Jean de Reszké n’est pas de ces chanteurs qui n'hésitent pas à faire remettre une représentation dès que leur voix n'est pas dans un état de perfection absolue; la moin-. dre menace de rhume, l’enrouement le plus insensible, le plus léger malaise les fait décider, à cinq ôu six heures du soir, qu ils ne chante-

PRE pas et s Ste re ES “tort où Le TAÏSOIN =2 VOLS ET Une influence sur la recette, vous devinez les, RUES Fe conséquences de cette décision. Ils s’en soucient je - fort peu : le désarroi qu'ils jettent dans le

théâtre, la déception qu’ils causent au public et sf - surtout le manque d’égards dont ils font preuve Mn . envers l’auteur, tout Se les laisse indifférents. EAN . Mais ces artistes-là — à de rares exceptions … près — ne sont pas de yrais artistes. Les vrais artistes sont infiniment plus simples et plus qe consciencieux. D'ailleurs, un véritable artiste est en pleine possession de son art et les incommodités passagères ne le mettent pas dans un état d’infériorité telle qu’il doive renoncer à paraître en public.

M Lilli Lehmann déclare qu'il ne lui est pour ainsi dire jamais arrivé, à moins de véritable maladie, de se dédire la veille ou le jour même d'une représentation. Quand ‘elle se.

trouve, le rnatin, enrouée ou vocalement mal disposée, elle combat cet état désagréable non par un mutisme total, comme font beaucoup de chanteurs, mais par des exercices rationnels prudemment et méthodiquement exécutés.

M?®° Lili Lehmann est une chanteuse extré- LME mement savante, et l’on ne saurait exiger que LE tout le monde l’imitât en pareille circonstance ; HAN mais il y a d'autres moyens d'éviter de se dé- WU

- dire au dernier moment. Le repos, la volonté, - sont, en bien des cas sérieux, des.-remèdes suffisants et, la plupart du temps, les cas ne sont pas sérieux. Que de fois ne voit-on pas Re: une jeune chanteuse enivrée par des succès exagérés se permettre de tout renverser. à l’im- - proviste parce qu’elle se sent un peu fati- g 4 guée, que dis-je ! simplement parce qu'elle a

Er, Ce À

Mars

[os sas

in ile tin », 68 Sara ie Case :

- Journée, quelquefois une demi-heure ; il suffit d’un mauvais essayage pour déterminer cét état morbide qui vous empêche, le soir, d'apporter votre concours à un musicien et à une œuvre.

auxquels on se doit. Beaucoup d’autres causes’ (« sentimentales », par exemple, où le sentiment .a peu de part), viennent fréquemment priver les chanteurs de la plénitude de leurs moyens. Encore une fois, les vrais artistes, ceux qui consi- dèrent leur art autrement que comme un moyen "4 d’obtenir une gloire - Fe n’agissent pas 4 ainsi. : 3 Je reviens à Zokhengrin. Dès les premières 4 notes chantées par M. ‘Jean de Reszké, je compris qu’il souffrait d'une trachéite et qu'elle du enlevait du souffle‘ À partir du moment où M. de Reszké commença de chanter et où, en entendant sa voix dans le vaisseau de la scène et de la salle, il s’aperçut qu’il aurait à lutter M pendant toute la soirée contre les inconvénients : de son état vocal, son exécution devint plus belle encore qu'elle ne l’eût été sans ce léger 4 empêchement : changeant tout ce qu'il avait fait jusque-là dans le rôle de Lohengrin, pre nant de l’air à des moments où, d’ habitude, He ne le faisait point, mais en ayant soin de le . faire entre tel et tel mot qui s'y prêtaient, il < donna à son chant plus d’expression et dé séduction que jamais, et non seulement son action verbale se ressentit favorablement de : son indisposition, mais, en comédien remarquable, . Re . M. de Reszké mocela son jeu, conforma l’action de ses gestes et de ses mouvements au chant “ dont il nous ravissait. Dans la salle, tout le. 54

monde subissait la fascination, mais bien peu s

Mébrable eue avec l'énergie des eo - artistes, dissimulait son malaise derrière he f beauté d'une interprétation renouvelée, Lie

Tout à l'heure, je vous ai chanté Le Parfum Tmpérissable. Vous avez pu voir, dans ce morceau, que les respirations sont parfois assez couttes et parfois d’une longueur extrême, si … longues quil faut une très grande habitude de la respiration pour en venir à bout. Cette disproportion entre certaines. respirations et — certaines autres rend l'exécution de ce mor- % ceau particulièrement fatigante. Les muscles de __ la respiration se fatiguent beaucoup moins Re ils sont soumis à un effort périodique DE - que lorsqu'ils sont obligés de fonctionner de façon irrégulière et heurtée. Dans la mélodie de Gounod, que je vais maintenant essayer de vous chanter, la plupart des périodes sont lon- Ne gues ; le fonctionnement général des poumons, Fe. les bronches et des côtes nécessite une tension …. presque discontinue ; mais ces respirations sont presque de la même “longueur, et une fois mise en train, à une allure normale et posée, la res- , piration se fait pour ainsi dire automatiquement, sans qu’on soit obligé de lui donner de nouvelles impulsions.

Page 1