‹ Du chantChapitre 13 sur 41 · ET · texte numérisé non relu

ET

Il n'y a, dans cette mélodie, Az Rossignol, — l’une des plus belles de Gounod, — qu’une seule respiration vraiment difficile; elle est au début du morceau : :

Quand ta voix céleste prélude : Re LU Au silence des belles nuits. TTC SAS

na Fe vous l’ai dit, il te entre ‘le don æ je” public, une convention tacite qui n’a jamais été se formulée, je crois, jusqu’ à présent, mais que … l'instinct a admise sans qu’on ait songé à l'ap- profondhr, sans qu'on sache trop comment elle. a été établie, si ce n’est par un juste sentiment d’indulgence envers le chanteur qui CORDES un travail difficile. On admet qu’en chantant la respiration ne s effectue pas toujours à l’en- : droit où la este où le bon sens l'exige

| respirait à ee endroits Fe es phrase, lin- D terlocuteur manifesterait quelque ne L'auditeur ne songe pas à s'étonner, quand il entend chanter, si l'on respire à ces endroits. là ; le fait d'entendre une élocution chantée 4 . le met tout de suite dans un état de connivence. qui l'empêche d’être surpris de ces licences de respiration. à LS

s - D'une part, l'arbitraire du chanteur et, da tre part, la tolérance de l'auditeur constituent, en quelque sorte, des phéromènes de conven- Aion ; il est impossible de les étudier et de les décrire, car il y en a trop. Mais il en est un dont je crois pouvoir établir la règle, c’est celui . è auquel je faisais allusion au cours de notre analyse du Parfum. tmpérissable et dont je vous disais qu’il n’avait pas été For jus Sr qu'à en Voici. D |

pire entre Le sujet el le verbe, mais non entre le verbe et le complément ; car le verbe suivi d’un temps d'arrêt, si court soit-il, risque toujours de donner l'impression d ‘une PrOPOSitiOR

: , et te complément, venant après une | respiration, semble, tout d’abord, être le sujet d'une nouvelle proposition, rendant par à.

incompréhensible durant une seconde ou deux le sens véritable de la phrase 4.

Les exemples sont innombrables ; mais, puis que nous parlons de cette mélodie ‘de Gounod, tenons-nous-en à celui-ci. Le Nous disons : “

ES” - Quand ta voix céleste prélude Au silence des belles nuits.

On peut, en raison de notre précepte, respirer après céleste, et dire : Quand ta voix céleste! prélude au silence des belles nuits. Ce n’est ee excellent, ce n’est pas logique ; mais, encore une fois, c’est une de ces respirations comme. on en admet couramment dans le chant, et :

l'oreille est si habituée à ces libertés et à d’ ie NY tres plus grandes encore qu’elle ne songe même pas à s’en offusquer. Cependant, il me parait préférable de ne respirer qu'après les deux … vers. Mais comme la musique est lente, cela : produit une assez grande tension de la res __ piration ; sans compter qu’il y a, dans ces 1 M vers, beaucoup de consonnes, des s, des ?, des : __ à, qui sont des consonnes essent iellement EXP reuses-ct que le souffle s'échappe en assez grande quantité pendant qu’on prononce la … phrase. II faut donc de l’attention et de la vo- … Jonté pour arriver au bout de la phrase sans : - donner une impression de fatigue ou d’épui- Ex . sement. Et pourtant, il vaut mieux ne pas es Mn Her dans cette- phrase, non seulement parce que c'est plus logique, non seulement parce que à c la phrase musicale se déroule ainsi d’une façon

plus naturelle; mais aussi et surtout parce qu'en évitant de respirer, on donne au paysage suggéré une - plus grande beauté.

En ne respirant pas, en n’interrompant point le développement de la voûte verbale et musicale, on évoque dans sa quiétude sereiné la nuit étoilée au milieu de laquelle monte le chant du rossignol.

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