‹ Du chantChapitre 19 sur 41 · PER · texte numérisé non relu

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| netteté véritable ce qu'était au juste Ja" person: 4 valité dramatique de M. Faure. me Mais, surtout, quelle absurdité de croire que l'émotion d’un grand artiste puisse agir sur nous à travers d'autres artistes! Ke L’une des #raditions les plus fameuses et “a les plus inefficaces — est celle de l’interpréta- … tion d'Orphée par M Viardot. Vous savez … que M" Viardot s'est montrée incomparable | - dans ce rôle, au point qu’on s’est toujours 1% efforcé, depuis, de limiter ou de s'inspirer … k d'elle. Or, je suis certain que, si nous pouvons … nous faire une idée vague de la façon dont LA es Viardot chantait /’a1 perdu mon Eurydice, sinous savons qu’elle y mettait une intense gra dation de désespoir, nous sommes incapables de nous figurer exactement comment elle s'y prenait. Contentons-nous de savoir qu’elle y. était, tour à tour, sanglotante, abattue et fa- rouche, — et prohtons de cette indication pré- | cieuse. Or, on essaie de se conformer à ce qu'était, d’après des relations. incomplètes, ie M Viardot dans l'air d’Orphée; mais la prés De occupation de chanter avec « style » vient con trecarrer la véhémence qu'on veut avoir — &t 1e résultat est généralement piteux; on ne donne de cette interprétation, probablement sublime, … qu’une contrefaçon lamentable, On chante cela avec un désespoir académique. Je voudrais, .

… dans la dernière strophe, quelque chose qui Lan …__ sémblât à une attaque de nerfs, qui fût d’un. : ‘ réalisme effrayant, añn de trancher avec le pre- . miér air du premier acte où la douleur d’Orphée » sé manifeste par une sorte de prostration ; qd il est là, près du tombeau, AL de f

femmes qui gémissent D pudeur du chagrin l'empêche de se livrer à toute sa douleur. Mais,

ici, il est près du cadavre de celle qu’il a retrou-

.vée — et qu'il croit avoir perdue, cette fois, pour jamais. [1 me semble qu’il se jette sur ce corps inanimé, qu'il le serre dans ses bras, qu'il

se lacère le visage, qu’il se livre tout entier, dans

la solitude de ce bois, aux excès les plus

effrayants d’un désespoir immense; et je crois.

aussi que tout éclat de voix qui rappellerait

des cris, de véritables cris de bête blessée, serait

excusable 1c1.

| se

IT y a, dans Gluck, un autre passage où je.

vois ce que j'appelle l’attaque de nerfs : c'est. dans /phigénie en Tauride. Alors qu Tphigénie, accablée par l'horreur de tout ce qu’elle apprend, — le meurtre de sa mère par son propre frère, le double assassinat qui a souillé le palais des Atrides, le châtiment impitoyable qui menace son malheureux frère, — alors

qu'elle se voit seule au monde, exilée, loin de sa.

patrie, déjà vieillissante (car n’oubliez pas qu'Iphigénie en Tauride n'est plus la jeune file d’Aulide, mais une femme qui a beaucoup souffert, qui est grande prêtresse de Diane et. dont les fonctions mêmes.sont terribles, atrôces, puisqu'elle est tenue de sacrifier, de tuer de sa main des hommes qu’elle offre en holocauste à la déesse), il semble qu’alors, parvenue à ce sommet de la douleur et de l'horreur, elle 5e

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