‹ Du chantChapitre 25 sur 41 · APE · texte numérisé non relu

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a pas à l'expression. Il faut remonter jusqu’à

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Mozart — car dans Mozart, il y a tout et l'on m doit toujours revenir à lui, — pour trouver je ne dirai pas l’équivalent mais le présage, le germe | de la polyphonie à à laquelle nous sommes Maintenant accoutumés. À

En effet, chez Beethoven même, symphoniste génial et qui savait faire parler les instrumen:s comme on tire des larmes d’un cœur, ee Beethoven, si préoccupé, pourtant, d'ajouter … par tous les moyens à l'expression des paroles, l'accompagnement, s’il souligne souvent le chant, n’est que rarement expressif par soi: | 4 même et pour son propre compte.

Chez Mozart, l’accompagnement est rare nl indifférent ; c'est par exception seulement qu'il demeure étranger au sentiment exprimé par. Jai voix et par la parole.

Rappelez-vous l'entrée d'Elvire, au premier acte de Don Juan, et, ici, permettez- moi de m'attarder un instant. | «

Le rôle d’Elvire a la réputation d'ébe ol mauvais rôle, un rôle sacriñé. Or, c’est un rôl < admirable. Un jour que Gustave Moreau me faisait l'honneur de mé recevoir, il me parla longuement de Don Juan ; il trouvait que les” deux personnages de ce drame que Mozart, avait le mieux dépeints étaient Don Ottavio Elvire ; 1l pensait qu'il était plus facile de traduire musicalement des sentiments qui dépassent le niveau normal des sentiments humains que des émotions moyennes, commu nes à toutes les âmes, ne participant d’auc

té excès, ‘et, tout en respectant Pont juste, ie Es leur conférer, par la musiqus, de la noblesse et de la beauté C’est ce que Mozart a fait pour. 00 BIG rolé d'Elvire. Dès l'entrée de cette femme sl Néimante et jalouse, la ritournelle orchestrale É - trace d'elle un portrait exact ; la voix, certes, - y ajoute, dès qu’elle intervient, quelque chose - de touchant et de tendre ; mais l’accompagne- » ment, où ce que nous appelons ainsi, suffirait » déjà par lui-même à nous donner une idée d’Elvire On la Sent belle et doute, placide, essentiellément normale, mais bouleversé à par l'amour. Les violons et les altos sem- re blent figurer je ne sais quels coups de grille ae … de la jalousie, qui pourraient bien être aussi . les coups de griffe palpables que la jalouse » infligerait à Don Juan s1 elle l'avait devant elle - On sent qu'Elvire ne se bornerait pas à des du. reproches dignes et émus, qu ’elle irait jus- - SERIES | qu’à la véritable scène de ménage ; elle parle » de « percer le cœur à l’impie », de « faire un = “ - exemple effroyable » ; elle le dit avec des cris de rage et de brusques arrêts de la parole, … pendant lesquels elle se repaît de son idée de 4 vengeance ; mais le langage musical ne perd à pas un instant, malgré toute cette véhémence

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