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| verse dans les âmes la consolation et l’es-
poir, soit qu’enfin il gloriñie, clair et pur,
{a majesté de Dieu. Le plus souvent, il doit : être d’une sérénité parfaite, même dans l'éclat. Aussi, quand on y a fait son apprentissage, il est rare qu’on n'ait pas acquis l'instinct du chant soutenu et lié, c’est-à-dire du chant proprement dit. Quand on sait le pratiquer, quand on s’en est rendu maître, on est capable, techniquement parlant, de presque tout chanter. C’est un fonds, une base que rien ne remplace. En ; - : outre, à l’église, on prend l’habitude de ce que J'appellerai l’abnégation vocale ou, si vous préférez, l'humilité devant la musique : on s’y exerce à s’effacer, quand 1l le faut, devant une autre voix qui doit primer la vôtre, à n'être qu’une
“ parcelle anonyme de l'édifice choral, à servir
modestement, mais avec exactitude et ferveur,
l’ensemble sonore, à observer les nuances et les … 2 proportions, ce qui, plus tard, facilite énormé- 4 ment le modelage vocal. ue
Or, les chanteurs d’aujourd’ hui n’ont pass connu ces épreuves diffhciles ; leur seul but est le théâtre ; ils commencent, pour la plupart, leurs études à un âge où, déjà, les préoccupa-. tions de la vie tiennent une grande place, où
” J’ambition les harcèle Gagnés par la hâte
r qui régit actuellement toute chose, ces jeunes
. gens, souvent très doués, travaillent vite, dis-
3 traitement, soutenus seulement par une ému-
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\ (Vent es Por qu’ on Sp d' eux, sé Hu arrivent les premiers à forcer le succès, ils. n’en demandent pas davantage. Au Conser-
vatoire, ils ne songent qu’à briller, le jour du
concours de fin d'année, dans un morceau ou
une scène, Ils ne cherchent d’ailleurs pas à en pénétrer le sens musical, le sentiment où la signification (1) ;ilnes ’agit pour eux que de ne T interpréter de la façon qui a valu à tel ou tel. autre concurrent un succès l’année précédente.
Se Donc, nos jeunes audacieux débutent. Et ici intervient une autre cause, très grave, la plus grave peut-être, de la décadence du chant. Cette cause, Je le dis sans acrimonié, croyezle, sans la moindre intention désobligeante, : Pet avec une grande mélancolie, cette | cause, c'est l’incompétence du public. 2 Jadis, les personnes qui remplissaient les +8 e salles de théâtres savaient, en entendant un chanteur, à quoi s'en tenir sur son mérite véritable. Pourquoi ? Parce que, d’ une Matière | © générale, on aimait le chant, on s’en préoccu- L. pait; on s’habituait, dès l'adolescence, à écouter des chanteurs. Le théâtre musical était alors une récréation favorite. C'est là qu’ ‘on: 4 allait chercher une diversion au travail, qu'on passait la soirée dès qu'on en avait le temps 2
“(:) Aux derniers concours, on a cotstaté, surtout chez les élèves hommes, un progrès très sensible à ce point . de vue. Il semble qu’ils se soient enfin persuadés que la
“voix n "est pas tout. (Août 1920.)
ne où. les us He chanteurs qui se net Ta de écoutés, observés et jugés avec compétence se | surveillaient dès leur début, rivalisaient d’ef- … forts pour obtenir les suffrages du public, et surtout, j'insiste sur ce point, l'approbation de … ]a jeunèsse. Ils se préparaient ainsi des carrières - glorieuses et fructueuses. Que de fois, n'ai-je pas entendu des gens, aujourd’ hui âgés, me . dire : « Dès que J'avais cent sous en poche, j’al-.
lais prendre une place à l'Opéra, aux tata ou au Théâtre Lyrique, pour entendre Mario, la . Frezzohini, Faure ou M°®° Carvalho ! »
8 En sortant de ces représentations, où tant de chanteurs excellents étaient assemblés, toute cette jeunesse s’épanchait, discutait, disputait sur les mérites ou les défauts de tel ou tel artiste. Il résultait de cette effervescence une atmosphère exaltante, échauffante, au milieu de) ee le chant prospérait.