‹ Du chantChapitre 31 sur 41 · RL NE CET STE · texte numérisé non relu

RL NE CET STE

regarde P

naïveté de cette réponse, ce n’est pas ce qu’ on

prenait un air méchant. En effet, il ne-pouvaïit

Je: suis souvent Net par Pie conte que .

je remarque entre les paroles que PrAnSR AS

un chanteur et l’expression qu'il leur donne.

Ce contraste n’est pas toujours le fait de 7 l’incompréhension. Tous les chanteurs, heureu- ‘4 sement, ne sont pas semblables à celui qui fit une réponse demeurée célèbre à propos de l'air. d'Escamillo. Un jour qu'il répétait le rôle d’Escamillo dans Carmen, M. Carvalho fut frappé de l'air féroce qu’il prenait pour dire : 24

Et songe, en combattant, qu’un œil noir te regarde. ; . 3

ce Mais, lui dit-on, pourquoi prenez-vous un air si méchant pour dire qu’un œil noir le.

— C'est, Re il, pour imiter le regard | du taureau. Ne Ce qu ‘11 y a de plus remarquable dans la 1 ::

croit. Certes, confondre l’œil noir d’une D.

femme avec celui d’un taureau, cela implique = une distraction excessive ; mais, ce qui est pêut- ee. être plus surprenant encore, c'est que, pour j indiquer l'œil d’un animal furieux, ce chanteur

espérer, dans un cas comme celui-là, éveiller l’idée d’un œ1l farouche que par une expression | ÿ mêlée de prudence et d’effroi, car faire allusion = à un taureau, ce n’est pas contrefaire un fat reau, et ce n'est pas l’habitude, si l’on met quelqu’ un en garde contre un danger, d’ imiter à le danger ; si l'on dit à quelqu'un qui descend" un escalier : « Attention, vous allez tomber »,." on ne se roiés pas obligé pour cela de dégrin-

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ENNCTSE

se soi-même afin de montrer tout ce que cet

accident a de désagréable. D'ailleurs, disons-le

en passant, évitons, en général, l’excès de nuances, d'expression, de mimique et de diction; rappelons-nous la façon dont M. Galipaux imitait un acteur trop zélé récitant Après la Bataille. Il arrive, fréquemment que dans une scène ou dans un morceau celui qui parle traduit les sentiments où répète les paroles d'un autre personnage ; 1l faut, alors, faire attention. Quand, par exemple, on cite des mots qui vous ont été dits, il n’est pas toujours nécessaire de changer de voix et d’imiter la voix de l’interlocuteur ; il est bien certain que, dans le songe d'Athalie, il serait ridicule d’imiter la voix de Jézabel. On doit, par une petite altération du timbre, donner à entendre que c’est Jézabel qui parle ; mais Athalie, encore toute frémissante du songe effroyable qui l’a terrorisée, ne

peut songer à faire des imitations, et, en suppo-

sant que Jézabel n’ait pas pu réparer l’outrage

que les ans avaient fait subir à son larynx,

Athalie n'irait pas s’aviser de l'indiquer en prenant une voix vieille et tremblotante pour dire :

” Le cruel dieu des juifs l'emporte aussi sur toi! Il serait ridicule, de même, dans Le Cid de

Massenet, que Chimène émue par le souvenir

de Rodrigue, songeât à imiter la voix de ce dernier quand elle dit : ” Il me disait, avec son doux sourire:

« Tu ne saurais jamaïs conduire Où aux chemins glorieux et qu'aux sentiers bénis »,

et, Massenet le savait bien, et vous vous rappe-

lez combien la phrase de Chimène est, au

. ur je du que ne au m ment où elle cite ces mots si chers dont elle se sou- vient, eût une recrudescence d'émotion et qu ele: les achevat presque dans un sanglot. À ce.

moment-là, c’est elle qui est au premier des À c'est elle qui tient la scène, et les paroles de 2 son père ne nous intéressent qu'à cause de la douleur qu’elles accroissent dans le cœur de Se Chimène.

Bien souvent, les paroles. d'un ou de plu e sieurs personnages peuvent se contredire sans. LE que, pour cela, le sentiment change ; il est bien = certain que Gounod l’a compris dans le petit. re dialogue du duo de Roméo. Roméo dit :

ESS Ah ! ne fuis pas encore; CR Laisse ma main s'oublier dans ta main. |

a Juliette, effrayée en voyant les lueurs : l'aube, répond :

Ne Ah! l'on peut nous surprendre. > +39 Re Laisse ma main s échapper de ta main.

Il ne se peut rien de plus différent que ces s deux répliques ;- pourtant, la musique est. B. même pour les deux, et cette uniformité, loin d’être une négligence, est une trouvaille, c Ca] ilest bien certain que Juliette, au moment : même où elle veut se séparer de Roméo, par crainte, 3 par prudence, par pudeur, a pourtant le désir de rester près de lui, et c’est d’un accent faible. et très tendre, presque suppliant, mais sans rie

| nee — au contraire, qu'elle murmure

Ah! l’on peut nous surprendre. 5

24 L'atmosphère de tendresse et d'amour rest +

à donc” re autour is F la musique à je raison Gé-né pds Changer. © = Aussi serait-il déplorable que l'artiste char-

. gée du rôle de Juliette les dit avec agitation, avec fébrilité et dans un mouvement dra-.

% matique.

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