‹ Du chantChapitre 37 sur 41 · PORT ERP TR AE PET · texte numérisé non relu

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| vers de Musset disent exactement ce que l'au-

se Pibint en spirales autour de ours molles maigres, mangealent des croissants en attendant Jheure de la pose.

(or beaucoup d’évocations vocales rappellent

cette évocation du siècle de Louis AEV 15e accessoires y sont, plus où moins ; mais, ce qui .

manque à à l'ensemble, c'est ce qui fait sa beauté

même, c’est l'âme de l'image, c'est ce qui anime :

intérieurement -les apparences extérieures.

Nous ne pouvons prétendre passer en revue

ici les innombrables manières dont le chant peut décrire ou évoquer. Bornons-nous à en

examiner quelques-unes. Voyons, d’abord, deux

des variétés lés plus simples, les plus fré

quentes, Premièrement, celle qui consiste à énumérer,

Dans la Vexise de Gounod, par exemple, les

diteur doit se représenter.

Dans Venise la rouge Pas un bateau qui bouge

Pas un pêcheur dans l’eau, Pas un falot, ;

Il est certain qué si l’on ne connaît pas

errer, couché au fond d’une gondole, dans les

petits canaux sombres et silencieux, il est difficile de se représenter le mystère de cette ville endormie et son charme fantasmagorique. Mais l'imagination, qui est nécessaire au chan-

teur, doit lui suggérer ici une coloration voilée, égale, le mettre en garde contre toute violence ;

en les nommant, les objets qui forment le tableau à suggérer.

ecise, que si l’on n’a pas passé des nuits à -

D. « to de ne pas augment ou sonore aux mots re te

Pire e 45 prononcer pas Un ait sur.

baillement interne afin de ternir l'éclat possible de la voix. | ce La lune qui s’efface Re Couvre son front qui passe GEST D'un nuage étoilé : We Demi voilé. DR Et : Tout se tait, M DR TU.

__ et à partir de ce qui suit : IT : fors les’ gardés 1 RSS Aux longues hallebardes | Ne Qui veillent aux créneaux £ Des arsenaux. D le timbre doit changer brusquement. Inutile de vouloir décrire vocalement les gardes aux en s c'est Re ae 0

ue do Pout se il En d'adopt 4 __ une émission un peu dure, sans modelage (sur . la syllabe o court) et de ne faire aucune nuance” — on respirera après hallebardes et on ne res

‘ pirera plus jusqu’à la fin du dernier mot, qui À Des se perdre peu à peu, en reflets de pre | n plus affaiblis, sur le miroitement métalut du Grand canal. o (Etc.). < eee Le chanteur, à moins qu’il soit doué d’une bé ; tise miraculeuse et invincible, ne pourra manquer de rendre très nettement ces diverses images.

nn Lnautre-cas tres fréquent | dans le chant descriptif est le récit d'un événement. Ici, le me de HP est pe malaisé ;

Le x

, encore, de les présenter dans la lumière qui

relief ou l'effacement propices à l'effet, comme, par exemple, dans le récit qui précède le pre-

… mier air de donna Anna dans Don Juan. Vous > vous rappelez quelle est la situation. Donna

Anna raconte à son fiancé Ottavio ce qui s’est

passé dans le palais de son père, la nuit où ce

… dernier a été assassiné. Dans ce récit tout doit É

être exprimé par les seuls moyens de la voix et de la diction : il y a plusieurs raisons à cela.

du’XVI° siècle, ce qui implique déjà une allure peu mouvementée, et, surtout chez cette jeune

7 fille de haute noblesse, une habitude de main-

tien grave et l'horreur de la gesticulation.

be Ensuite, cest dans la rue qu’elle fait ce récit à son fiancé; son deuil, sa beauté, sa naissance . Jui imposent d’être prudente, afin de ne pas = attirer l’attention des passants; enfin, Don Juan, - qu’elle soupçonne d’être l’auteur du meurtre, vient de les quitter, — peut-être rôde-t-1l encore

| 3 dans ies ruelles voisines, peut-être l’observe-t-il

| tandis qu elle raconte le drame. C’est donc à +. à voix basse qu’elle doit le faire (j'entends à voix

FR

his selon la convention du théâtre chanté, à

voix relativement basse), et, surtout, avec aussi 3 peu de gestes que possible e YeRar ‘conséquent, A

tout décrire et de tout exprimer,

"MS he L . + e. L s e » e L ° ° L] CRETE | 1

FR

lyrisme. et de la sonorité; mais ïls sont justifiés par l'intensité progressive de la narration et du souvenir.

ie Dai es à 4 PES. er = WE d'actions, - ER tete ce qui. lee plus important Re

- leur convient, avec les ombres et les clartés, le :

D'abord, nous sommes en Espagne, à la fin

…. c'est à ia voix et à la parole qu’il appartient de

: (1) Il est certain que ln fin du récit demande du’

i 1 1 y a tn Gas ‘encore, où le dessin æ | fe coloration du tableau ne sont résumés que .

ae par un mot, qui donne le ton général. Ici, le

chanteur n’est presque plus aidé dans son. FA évocation. Les paroles n ‘expriment pas l’aspect À 48 des choses, elles s’emploient à traduiré des sen- Se

timents et il faut que le chanteur, tout en disant ces mots, tout en “exprimant ces sentiments, AE maintienne, inaltérée, l'atmosphère qu’il à suscitée dès le premier moment. Par exemple, jee mot auiomne. PU Mais il y a des automnes de toute espèce.

Tantôt, comme dans Aw/omne de M. Fauré, dE n c'est l’automne de novembre, lugubre, tragique, : désolé. Pensez-vous qu’il suffirait de chanter tristement ces vers, et cette musique, si frappante soit-elle, pour causer une impression juste et vraie de ce que les auteurs ont rêvé ? Non, il faut Voir, ou revoir cet automne-là ; il faut se remémorer une promenade au crépusr | cule dans les bois dépouillés, la recommencer. en esprit tandis qu'on chante, s'arrêter dans une clairière, contempler dans une mare le reflet oris et frissonnant du ciel, ressentir à nouveau toute la détresse de ces moments douloureux dont on s’est enivré jadis avec amertume, et re-. ‘ trouver au besoin, une larme dans quelque sil ss lon secret du cœur. De — Mais, me répondra-t-on, je n'ai jamais F2 rêvé douloureüsement en automne, au cré:) 4 puscule. : F0 Vraiment ? En ce cas, il ne faut pas chanter LS du tout, : 25700

Prenons maintenant un fragment du Poème À d'octobre : ‘4

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k PE Potonc Heu des jours dautonne où, dans les cieux

La v-?

Semble érrér la langueur plaintive des adiéux..…. C’est une tout autre vision qu’il faut avoir

À et communiquer ici. C'est l’automne du vers

de Lamartine :

Salut, bois couronnés d’un resté de verdure...

C'est un automne mélancolique, mais encoré souriänt. Il ne faudra plus appuyer la voix comme tout à l'heure, ni lier les sons avec cette densité semblable aux nuages mornes qui rou- lent dans le ciel : il faut, ici, une tristesse lévère, et, si l'accentuation ici se fait parfois plus intense, il faut aussitôt la voilér ét J'atténuer. Ce sera si vous le voulez bien, et en opposition avec lé novembre de tout à l'hetre, un automne d'octobre.

Et c’est, enfin, un troisième automne qué celui

| de cétte délicieuse mélodie (si peu connue) de

Massenet : Sep'embre, composée sur des vers pénétrants d'Hélène Vacaresco. Ici, c’est un automne encore chaud et tendre qu’éclaire, comme dit Baudelaire,

De l'afrière-saison, le rayon jauñe et doux.

Tr VA encore de la couleur dans ce job paysagé, qui fait penser à ce qu'écrivait M°° de Sévigné sur « ces beaux jours de cristal, qui ne sont plus chauds et qui ne sont pas froids ». Pa

Dans toute performance artistique, il y à une part faite de détails pratiques, et me voilà amené à vous parler d’une chose fort importante, quoi qu’on en puisse pensef, d’une chose :

es ou joue un Re rôle he l'cants 101

veux parler de l'attitude du chanteur. ee Permettez-moi de vous lire ici. quelques lune très frappantes du Traité de Ca de “4 Mr Lilli Lehmann : - LL « Dès la première note ‘au HEAR EE | l'artiste doit présenter le tableau au public PAR lui en faire pressentir Le caractère ; ceci dép © E en partie, de l'attitude que le chanteur prend dès la ritournelle et de l'expression qu'il donne 1

à son visage, éveillant ainsi déjà l'intérêt sur ce qui va venir, aussi bien sur la musique que 4 Sur le poème. » | Re F |

Si nous pouvions percer du regard les toits : de tous les salons, de tous les concerts où l'on Es : cs chante au cours d’une même soirée, nous consta- terions que, sur cent artistes il n en est pas un qui observe cette règle si logique et si utile. noi un auteur place-t-il une ritournelle au.

commencement d’un morceau, si ce n'est pour.

mettre l’auditeur dans l’état d'âme où de nerfs - propice à la perception de ce qu 1] va entendre, pour établir un fond adéquat à l’image qu'il . veut suggérer, pour composer une ambiance ?.

La ritournelle a un autre effet encore: c'est d’inoculer à l’artiste même le virus poétique k dont 1l faut qu’il soit saturé pour dégager natu rellement telle ou telle impression. Le chanteur 578 a tout avantage à se concentrer dans ces que Le ques mesures de ritournelle : d’abord, pour l'in sue nr du sentiment ou 1 de la visions |

ND

US je puis | ainsi parler ; de respiteh d'établir à sat se position organique, au besoin d’avaler, de véri-

fier da hetleté nr. son Do de se remémorer, RES au seuil même du mystère musical, les pres | ais qu'il s’est faites à lui-même ; enfin, Je comme le dit M*° Lehmann, pour exercer sut . l’auditeur un magnétisme de quelques secondes - par l’expression du regard et par le maintien. Re - Au lieu de cela, que vait-on ? APN 1° Le chanteur qui regarde Îa salle, qui A reconnaît ses amis ;

» 2° Le chanteur qui, peu certain de son into … nation, se donne la note avant de commencer Il y a deux façons de se donner la note : se la donner fausse (et partir à faux) ; : se la donner Re

juste (et partir également à faux) ; Lee 3° Le chanteur qui, préoccupé de détails de dise toilette ou distrait au point de penser, en ce moment, à tout autre chose, oublie qu’il doit chanter et est brusquement rappelé à la réalité - par un silence angoissé de l’accompagnateur ; … 4° Il y a aussi celui qui oublie de respirer. Celui-là se comporte de deux façons dis- -. tinctes : ou bien 1l part sans respirer du tout ; ou bien 1il respire au dernier moment et rs s’étrangle.. RES à Tout cela est peu propice au chant descriptif. Re r Comment vouloir que le public soit disposé à … recevoir des images, si on l'y prépare de si singulière façon ? nd.

…. Admettons, maintenant, que ces fautes diver- ” ses n’aient pas été commises, qu’elles aient été effacées par l'exécution du morceau. Admet- nue … tons que le fluide se soit établi entre l'artiste et l’auditeur, que celui-ci ait subi l’impression … de celui-là, qu’il en soit pénétré Le morceau a finit, et finit par une ritournelle qui se pro- . longe plus ou moins après que le chant s’est tu.

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