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Propos d'un écuyer, paru en

74 DU CHEVAL BIEN Ml ET BIEN MIS.

Ce sont les nôtres aussi, les vôtres; ce sont les nôtres à nous tous qui nous occupons d'équitation.

Nous partageons, en général, les idées émises par l'auteur qui, depuis, a dévoilé son anonymat en publiant son Album d'équitation ' ; il nous y montre les résultats touchant à la perfection qu'il a obtenus avec ses chevaux et qui le consacrent homme de cheval de premier ordre; mais, si nous ne voyons pas la nécessité « de passer la gourmette dans la bouche, — du travail à A'ide » — si nous prêterons l'encolure dans sa position naturelle, allongée, plutôt que haute — nous approuvons complètement les effets diagonaux- qu'il recommande et nous goûtons fort les principes suivants.

« Il faut envoyer le cheval, au moyen des jambes, sur la main, et non pas le refouler de la main sur les jambes » (page 108).

« Le jeu de l'avant-maindoit résulter des mouvements de l'arrière-main » (page 109).

(( Le cheval doit aller chercher la main pour s'y confier, où qu'elle se trouve et aussi loin qu'elle soit » (page li6).

Par ces quelques citations, on peut acquérir la certitude que, de longtemps, ainsi que nous le disions en commençant, le champ des études sur l'équitation ne sera pas clos, chacun j)ouvant espérer avoir une finesse de vues plus complète, profitant des progrès et des trouvailles des autres pour se rapprocher davantage de la façon idéale de conduire un cheval.

Ainsi, personnellement, nous recherchons, comme le commandant Donnai, ladécontraclion des extenseurs de l'encolure; sa logique, pour l'emploi du cheval, nous frappe comme elle l'a convaincu lui-même, mais nous

1. Album d'équitation et de haute école, par J.-B. Dumas et le V"' Ponton d'Amécourt (Baudoin, 1896).

2. L'action combinée des rênes et des jambes a lieu comme les allures du cheval, c'est-à-dire en diagonale (Commandant Dutilh).

émettons un avis ditîérent quand il veut l'afiaissement total de Fencolure par suite de cette décontraction.

Fillis condamne, avec juste raison, l'afTaissement de l'encolure tel que le voulait Baucher, le pli de la flexion se faisant au garrot au lieu de se faire à la nuque, et, après en avoir fait remarquer la défectuosité par plusieurs gravures introduites dans son Traité cTÉquilation^ il ajoute que, à la fin de sa vie, Baucher luimême était revenu de son erreur.

L'expression « laisser à l'encolure une position voisine de l'horizontale » serait plus exacte, mais encore doit se traduire ainsi qu'il suit : En temps ordinaire et à l'extérieur en particulier, le cheval ayant été primitivement assoupli et équilibré, la tête et l'encolure doivent être libres, décontractées, détendues, basses, mais, pour un travail de manège, de haute école, les muscles de l'encolure, préalablement assouplis, comme tous les autres, mais dans le sens de l'extension seulement, doivent s'affermir, se contracter à l'instar de ressorts, pour tenir la tête élevée et être prêts à exécuter les volontés du cavalier; ce qui ne serait pas possible, avec justesse et rapidité au moins, si ces muscles étaient amenés à prendre une disposition contraire au mouvement en avant, à s'enterrer et à s'encapuchonner.

iMais, nous revenons au commandant Bonnal pour dire avec lui : « C'est le cheval qui marche, qui trotte, qui galope et qui saute, et non pas nous » (page 169).

« Toute action du cavalier qui tend à paralyser le jeu naturel des membres et du corps est nuisible. »

Bien plus, en effet, nous le verrons ensemble, l'action du cavalier doit tendre, par un emploi de ses aides judicieux, étudié, fondé sur l'observation du jeu naturel des membres, à augmenter les moyens du cheval et à les développer.

Dans son ouvrage Dressage et conduite du cheval de selle d'après les derniers enseignements de Baucher

recueillis par un de ses élèves, 1891, l'auteur, un de nos chefs les plus autorisés en équitation et dont nous voulons respecter l'anonymat, s'exprime ainsi en parlant de l'élévation de l'encolure : « C'est sur le poids qu'on « agit en demandant cette élévation; mais il faut qu'en « le reportant en arrière, la force qui donne le mou- « vement ne soit aucunement diminuée ; il faut, par « contre, en donnant l'action, en produisant la force « qui pousse, que cette même force n entraîne dans le « sens du mouvement que la petite quantité de poids « nécessaire au mouvement, et que l'équilibre n'en soit « pas altéré, c'est-à-dire que les translations du poids « demeurent également faciles dans tous les sens, « ajjrès comme avant le mouvement obtenu ».

Le marquis de Mauléon, à son tour, nous a appris quels avantages on peut tirer du dressage avec les deux longes ■ et il examine aussi les lois qui président à la locomotion du cheval.

En parlant de sa méthode, le marquis de Mauléon dit en terminant son avant-propos : « Je n'ai pas l'ambition de faire école; si vous la trouvez bonne, mettezla en pratique; si vous trouvez mieux, je serai prêt à vous suivre ». Précepte dont tous les cavaliers devraient s'inspirer.

En 1899, parait Dressage méthodique du cheval de guerre, par le général Jules de Benoist.

Nous ne citerons que pour mémoire l'ouvrage du Docteur Le Bon, paru en 1892 sous le titre : l' Équitation actuelle et ses principes, dont nous aurons l'occasion de parler dans le cours de notre étude.

Voici r Équitatio7i des gens pressés, traduction libre de « Chit chat ahout the pigskin » (à bâtons rompus sur la peau de porc), par le comte de Comminges, qui met à notre disposition un sac à recettes, ainsi qu'il

1. Méthode de Dressage, suivie d'une élude sur le Iravail de selle et d'attelage, par le marquis de ^Mauléon (1899).

le dit lui-même, écrit avec « liumour » et clans lequel il n'y a qu'à puiser pour en retirer les mains pleines de bons trucs. Nous les soulig-nerons quand ih viendront émailler notre étude.

Enfin, au moment où nous mettons la dernière main à ce manuscrit, voici le lieutenant de Saint-Piialle qui nous montre quels résultats on peut obtenir en utilisant le déplacement du centre de gravité.

« Vous avez raison, mon cher camarade, c'est la vraie voie et cette théorie est aussi la mienne. »

Fillis, le premier, avait clairement fait ressortir que l'impulsion, provoquée par l'arrière-main et faisant du cheval un tout, doit arriver à profusion à la main chargée de la distribuer; il restait à établir comment cette impulsion agissait sur le centre de gravité, le déplacement de la masse entraînant lui-même celui du centre de gravité. C'est fait, et le développement de nos causeries a pour but d'étudier la pratique logique de cette manœuvre.

Et nous voyons M. de Saint-Phallc ', usant de procédés semblables, s'adresser de préférence aux juments de pur sang, dont il utilise la nervosité pour obtenir des résultats vraiment merveilleux. Et toute son équitation a pour base l'exploitation du mouvement en avant, l'impulsion.

« Le cheval suit son encolure comme le bicycliste suit sa roue, » dit-il (page 19) « et la masse est alors entraînée dans la même direction ». Vous avez pu voir combien nos petites découvertes ont de points communs

1. Dressage el emploi du cheval de selle, par le lieutenant de Saint- Phalle (1900). Une 2"(klition, parue en 19ul, comporte une réponse au Journal de dressage, publié par Fillis au commencement de cette année. En 1904, paraît encore : Progression du dressage du cheval de troupe, par le capitaine Descoins. Les chevaux dressés artificiellement sont brisés soit, mais non exploités. Cette méthode n'est pas la nôtre, basée sur l'exploitation des moyens naturels. La mise en légèreté, par le capitaine X, parue au même moment, semble autrement fertile en résultats. En 1905, Dressage du cheval d'armes, par le général de Beauchesne.

quand nous disons de notre côté : « Ton nez va devant, suis ton nez »,

Nous n'abuserons pas davantage de votre attention en poussant plus loin nos investigations et nos analyses dans ce domaine si exploité en ces dernières années, mais qui est assez vaste pour permettre longtemps encore de nouvelles études, de nouvelles observations, destinées à nous éclairer tous.

Pour notre compte, après avoir parlé de la préparation de la masse par les assouplissements et de la disposition k lui faire prendre, nous allons passer à son animation et nous vous proposons d'examiner ensemble les points suivants, auxquels nous donnerons même la qualification de principes, et sans l'application desquels la conduite du cheval reste absolument imparfaite;

1" L'arrière -main doit venir à la jambe et les mouvements de Tavant-main doivent être la résultante de ceux de l'arrière-main, sollicités par Faction tactile, plus ou moins énergique, du cavalier;

2° Le cheval doit être pris, jDâr la main, au moyen des rênes, de façon qu'il ne puisse pas opposer au cavalier la contraction musculaire ou la masse de son corps;

3" Chacune des jambes du cavalier est chargée de solliciter l'impulsion du diagonal auprès duquel elle est préposée et d'en régler la marche, la manœuvre, avec le concours de la main.

Il faut envoyer le cheval sur les aides d'opposition, et sur la rêne d'appui spécialement.

Nous vous présenterons enfin quelques observations fondées sur la pratique, sur la pratique seule ^ et nous insisterons sur ce point que, quand le cheval est bien dans le mouvement en avant, tout s'obtient par les assouplissements, par la douceur, par le moelleux, et... rien par la force.

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