Orléans, demi-sang-, au lieutenant Allut, du
(Ij Le raid national militaire L)jon-\'iehy, par le comte d'Ideville, Revue de cavalerie, juillet et août llJOJ.
^S" dragons, assurant à son régiment la conservation du challenge détenu depuis la victoire du lieutenant Bausil, dans Paris-Deauville.
2, Coup de Soleil, demi-sang, au capitaine Lauras, du 19' dragons, né et élevé chez lui.
3. Doucheio', pur sang, au lieutenant du Fau, du 19' dragons.
Le raid Milan-Turin, qui fut couru le k avril IBO'i- et suivi d'une course de haies de 'i-OOO mètres, fut encore l'occasion d'une victoire pour un officier français, le lieutenant Privas, du 8' chasseurs, montant Por^e Veine, par War-Dance et Point Luce.
Le troisième raid Lyon-Aix-les-Bains, organisé par les « Armes et les Sports » et « Armée et Marine », vient, d'avoir lieu.
Il répondait aux idées militaires suivantes :
1° Une reconnaissance d'officier se porte à la recherche d'un renseignement. Elle parcourt une distance assez étendue dans des conditions de sécurité relatives jusque dans le voisinage de l'ennemi.
Première étape. 26 juillet. Départ de Lyon à cinq heures du matin (pont du Pihône rive gauche). Arrivée à l'entrée sud de Lagnieu, 50 kil. Temps minimum V'18 minutes.
2° Le contact s'établit avec l'ennemi, marche à travers pays avec poursuite éveutuelle.
Deuxième étape. 27 juillet. Départ du pont de Lagnieu à V'30. Arrivée à 800 mètres est de la Tour-du- Pin. Distance, 57 kil.
3° Transmission du renseignement en gagnant, en pays de montagne, un poste de correspondance optique installé au col d'Aiguebelette.
La reconnaissance s'y arrête un instant et fournit un dernier effort pour atteindre, à vitesse libre, Aixles-Bains.
Troisième étape. 28 juillet. Départ à la sortie est de
SIXIliME CAUSERIE. 31 1
la Tour-du-Pin à 'i- heures matin. Arrivée au col d'Alg'uebeletle. Distance, 37 kil. Temps minimum , 2 heures 18 minutes.
Nouveau départ, après 7 kil. de neutralisation, au groupe scolaire de la Villette. Arrivée sur le champ de courses d'Aix-les-Bains. iï kil. environ.
Quatrième journée. 29 juillet. Examen des chevaux par le Jury à 3 heures du matin.
A 3 heures du soir, présentation des chevaux sur le champ de courses et parcours de haies.
Classement : premier, Jobouî^g, capitaine de Champtavin, du 28" dragons; deuxième, Bléneau, captaine Bucaut, 11" chasseurs ; troisième, Negro , capitaine Dremetz, 31"^ dragons; quatrième, Finlande, lieutenant de Bay, 16' chasseurs; cinquième , Porte-Bo?i/iein', capitaine Bomanet, état-major de la 28" division d'infanterie; sixième. Action, lieutenant Millet, 6' hussards; septième, Fakir, lieutenant Faurite, 11 hussards; huitième, F/orentine, lieutenant de Chatellus,lG' chasseurs; neuvième, Momer, lieutenant Massol, 19' dragons; dixième, Billg- Giin, lieutenant de Gironde, 16" dragons; onzième, Sabine, capitaine Delaunay, 18" chasseurs; douzième, Nnmidie , lieutenant Sonnois, 28' dragons; treizième, Verte Allure, vétérinaire en second Chappat, 12" chasseurs; quatorzième,. lf^?7/(«, lieutenantde Pirey, ir hussards; quinzième, Lévite, lieutenant Lagrolet, 6' cuirassiers ; seizième, Fève, sous-lieutenant Paviot, i" dragons ; dix-septième, Panthère, lieutenant Bataillard, 10' cuirassiers; dix-huitième, Glanns , lieutenant Miserey, li" chasseurs; dix-neuvième. Consulat, lieutenant Le Bleu, 9" dragons; vingtième, Églantine, lieutenant Chevrier, 30" dragons; vingt et unième, Marinette, lieutenant Barrière, 4" dragons; vingt-deuxième, Vernette, lieutenant Chaigneau, 7" cuirassiers; vingt-troisième, Pochetée, sous-lieutenant Brugas, li" chasseurs; vingtquatrième, Roche, lieutenant de Benoist, lO'' cuirassiers.
Ce raid donne lieu à certaines observations : sur quarante-sept concurrents, il y en avait douze de la cavalerie légère, dont cinq se sont classés dans les dix premiers. Vingt-quatre chevaux sont arrivés au terme, parmi lesquels quinze étaient en bon état.
Le déchet a donc été considérable et peut être diminué aux conditions suivantes :
Les chefs de corps ne doivent laisser partir que les concurrents qui se sont gardés en bon état jusqu'au dernier momentet qui présentent les conditions de sang absolument réclamées pour des épreuves aussi dures.
La Commission doit, au départ et aux différents contrôles, éliminer tous les concurrents dont l'état paraît douteux et donne à penser qu'ils ne fourniront pas l'étape sans danger.
Quant à Tépreuve elle-même, nous dirons, en modifiant un peu les termes exprimés par un des concurrents, quel' « on peut toujours s'en tirer honorablement avec trois choses : un bon cheval, de la tête et... beaucoup de veine ».
Se tracer un horaire : vingt à vingt-cinq minutes de galop, cinq minutes de pas ou, mieux, de trot à vide, le cavalier marchant au pas gymnastique, deux à cinq minutes de repos absolu par heure; tel est celui d'un des concurrents, et, comme lui, n'en pas dévier i.
1. Le Championnat militaire international, couru à Bruxelles, les 10, 13 et 16 mai 1905 a donné les résultats suivants, en ce qui concerne les officiers français : premiei-, capitaine Bausil, du 5"" dragons; montant Hir^ondelle, irlandais; troisième, lieutenant AUut, du tiS" dragons; cinquième, lieutenant de Yalroger, du 2" hussards; septième, lieutenant de Fleurieu, du 28« dragons; huitième, lieutenant Millet, du 6" hussards; douzième, lieutenant Le Gorree, du 18" chasseurs; quatorzième, lieutenant de Villèle, du 10 dragons; quinzième, lieutenant Cesbron-Lavau, du 2ïf' dragons.
Première épreuve, 10 mai.
Première partie. Selle et bride anglaises. Itinéraires routiers de 15 kil. pour juger la correction des allures et si le cheval conserve, en troupe, le calme, la légèreté et la sagesse néce.ssaires au clieval d'armes.
Conclusion
Nous voici arrive'" à la fin de notre Iravail, que nous allons abandonnncp pour le livrer à la publicité, le quittant avec regrets. Car nos recherches, nos observations, puisées à la meilleure source, la pratique, et notées avec soin au fur et à mesure, nous ont fait passer des moments délicieux, auxquels nous ne renonçons pas cependant.
Il faut nous résumer.
En premier lieu, il faut, par des assouplissements raisonnes, préparer la masse et réduire, sinon à néant^ au moins à la plus petite proportion, les résistances ayant pour cause la contraction nmsculaire spontanée.
La masse étant ainsi préparée, il faut lui donner, pour le travail général, puis pour chaque mouvement particulier, la disposition qui sera la plus favorable à l'exécution de la demande.
La masse ayant éië préparée et disposée, il faudra enfin l'aniîner.
La première chose à obtenir alors est que l'arrièremain soit amené à s'engager, à venir à la jambe, à obéir à ses moindres sollicitations, soii pour pousser la masse,
D(?uxi3me partie. Parcours individuel de steeple chase, 3,500 mètres sur rhippodrorne de Boisfort, à un galop de 550 mètres au minimum.
Deuxième épreuve, 13 mai.
Première partie (tenue de campagne et armes. Poids minimum 85). Parcours de 25 kilomètres à effectuer en une heure 15 minutes.
Deuxième partie. Parcours de campagne dans le Hall du cinquantenaire. Obstacles d'un mètre environ; vitesse 400 mètres à la minute.
Troisième épreuve. 10 mai.
Première partie (tenue d'exercice. Selle d'ordonnance et sabre. Poids 85"). Chaque cavalier règle lui-même son travail individuel. On ne tient i)as compte des allures artificielles.
Deuxième partie (selle et bride anglaises poids minimum 85"). Épreuve de sauts d'obstacles d'environ l'",05. Trente-sept concurrents.
314 DU CHEVAL BIEN MÛ ET BIEiN MIS.
afin de la précipiter en avant et pour que l'impulsion, par suite d'un bon engagement dans le mouvement en avant, vienne à profusion à la main, au régulateur et à l'indicateur, soit pjoiir déplacer ou projeter \i\ masse avec facilité à droite ou à gauche quand on veut changer de direction, soit enfin pour la soulever d'autaut plus que l'on désire plus de brillant et d'élévation.
Comme conséquence et afin que rien de l'impulsion sollicitée et fournie ne soit perdu pour le mouvement en avant, donner une disposition préliminaire à l'extension, de façon que le cheval regarde bien la voie qui est ouverte, que la trajectoire décrite dans l'espace soit allongée au lieu d'être raccourcie, qu'il s'engage bien dans l'axe du mouvement, progressant en dessus du plan horizontal sur lequel il est appelé, par éléments, à se mouvoir plutôt qu'en dessous et, dans les allures brillantes, relevées, au dessus de ce plan, de façon aie faire monter en quelque sorte au dessus de l'axe de mouvement.
La masse étant ainsi disposée, influencer le centre de gravité dont les jambes, placées à la sangle, encadrant le cheval, empêchent le déplacement sur le côté, ce qui aurait pour résultat d'amener des flottements préjudiciables au bon engagement dans le mouvement en avant.
La main, au moyen de vibrations — perçues seulement par le cheval, — produites par les doigts agissant sur les rênes de bas en haut et en se serrant ou en se desserrant, vient ainsi influencer l'extrémité, la tête, le bout du nez, pour le faire allonger ou le relever, et donne l'indicalion au cheval : « Plus loin, en avant »!
Par un mouvement inverse des doigts accompagnant la main qui s'associe elle-même à un mouvement de retrait opéré par le corps et l'assiette, parle demi-arrêt en un mot, on reprend progressivement, à chaque foulée, ou à l'une d'elles, ce que le cheval donne en trop pour
le mouvement eu avant, soit par faute d'équilibre, soit parce qu'il donne plus d'impulsion que ion ne le veut; et la signification doit se traduire par l'obéissance à ces autres termes : « Doucement, en arrière, pas si vite, ou, plus haut, cadence-toi! »
Mais les sollicitations de jambes, comme celles de la main, dans ce dernier cas surtout, doivent être logiques, c'est-à-dire, les premières aider le cheval à progresser dans le mouvement en avant, à augmenter l'impulsion; les secondes, celles de la main, distribuer, régler cette impulsion sans l'enrayer; cela revient à dire :
1" que si vous solhcitez l'impulsion avec les jambes, il ne faut pas l'entraver avec la main, celle-ci la recevant au contraire et la distribuant en raison de la vitesse, du but cherché, etc. ;
2° que l'action de chaque jambe doit, pour avoir toute son efficacité, correspondre avec le jeu que fournit le membre postérieur sur lequel elle agit directement pour aider le mouvement, et ne pas durer plus de temps que le cheval n'en met lui-même à employer ce membre ; et de même, s'il s'agit du demi-arrêt de la main, d'un effet rétrograde, régulateur, cet effet ne doit se produire que sur l'épaule la plus engagée dans le mouvement en avant, agissant en même temps, par effet diagonal, sur le postérieur opposé, puis sur l'autre diagonal, sous peine d'enrayer le mouvement, d'aller à l'encontre de la franchise naturelle du cheval ou de l'impulsion sollicitée par la jambe.
Le fait d'enrayer le mouvement avec la main est une anomalie en effet, une infraction au premier principe de l'équitation qui consiste à avoir un cheval bien engagé dans le mouvement en avant; et cette faute aura pour conséquence la constatation que ce cheval ne s'appuiera pas, ne recherchera pas la main, restera en arrière de la jambe, ou bien se coupera en deux en quelque sorte, engageant outre mesure son arrière-main, se faussant
de l'encolure, s'acculant, reculant même ou devenant rétif enfin.
Le cheval étant disposé normalement, le nez en avant, il faut, pour lui indiquer la voie, la ligne dans laquelle il doit progresser, le laisser rechercher, — horizontalement d'ahord, puis dans la position qui lui est nécessaire pour décrire sa trajectoire en allant retrouver le terrain, dans le sens de ses extenseurs en un mot, — l'appui qui lui est nécessaire et qui varie en raison de la vitesse ou du travail demandé. Les muscles de l'encolure, assouplis, se tendent en avant de toute leur force, prennent toufe leur extension s'il s'agit du galop lihre ou le plus vite, du trot ou du pas allongé, recherchant un point d'appui d'autant plus fort sur la main moelleuse que l'allure est plus rapide, et se redressent, se rétractent, se tendent comme des ressorts, si le cavalier, sentant ce qui se passe sous lui et demandant alors de l'élévation, veut obtenir un travail de manège ou d'école.
Et voilà la descente de main, le jeu de l'encolure !
Si, donc, après avoir parlé presque à toutes les pages, dans notre première étude, de la descente de main et en avoir fait la base de toute équitation, nous n'avons plus prononcé cette expression dans cette autre étude venant quinze ans après, ce n'est pas que nous ayons renoncé aux idées que nous exposions anciennement, mais bien parce que ce mot « descente de main » n'exprime plus exactement notre pensée.
Et si le lecteur nous a bien saisi, il pourra lui-même donner un nom à ce jeu de l'encolure qui consiste, en deux mots.: soit à lui laisser prendre une extension d'autant plus grande, — jusqu'à la limite donnée par sa conformation et ses extenseurs — qu'on veut gagner plus de terrain en avant; soit à amener cette encolure — sans cependant entraver le mouvement en avant, pour lequel le cheval est fait par conformation et pour lequel on l'emploie, qui est son essence, — à une rétention
ayant pour but d'obtenir un ralentissement, ou, en influençant par \h même le centre de gravité, de gagner en élévation.
Autrefois, si nous savions débander les ressorts mis à notre disposition, nous ne savions pas les bander pour en tirer tout le parti possible et, comme les bommes que nous instruisions avaient les rênes longues, trop peutêtre, mon colonel me disait que je mourrais dans l'impénitence finale.
« Non, mon Général; à ce moment-là, je ne pouvais pas faire appliquer ce qui échappait peut-être alors à moi-même ; mais, si vous étiez appelé à venir examiner mon escadron, aujourd'hui, vous verriez des chevaux bien encadrés par des mains et des jambes ne bougeant pas. »
Mes hussards sont initiés et je leur ait fait comprendre que, en ce qui concerne la main, les doigts, toujours sur les rênes, n'ont plus qu'à se serrer ou à se desserrer, exerçant une pression tantôt d'un coté, puis de l'autre, pour obtenir la mobilité de mâchoire, un peu plus spécialement du côté où ils travaillent ou bien où ils doivent aller ; en ce qui conceime les jambes, fixes par suite d'étriers ajustés, exercer une pression de mollet d'un côté et de l'autre, l'une ne pressant pas pendant que l'autre presse, et cela spécialement du côté où ils travaillent ou doivent aller.
Les indications, sur lesquelles nous voulons insister, à donner aux hommes de troupe de cavalerie sont donc les suivantes :
Les doigts sont sur les rênes, fermés, )nais desserrés; les jambes, au moyen d'étriers ajustés, sont au contact du corps du cheval, mais décontractées.
La déconlraction des ??îuscies des doigts et des mollets, tout en étant en contact permanent avec les rênes et le corps du cheval, constitue l'état normal, habituel.
S'agit-il d'opérer un effet de réglage, ceci à toutes les
allures, ou de combattre des tentatives d'échappement du cheval, le cavalier salue en arrière comme pour arrêter^ la main suivant le mouvement d'avant en arrière et non pas de bas en haut, et, pendant le même temps, serre ses doigts sur les rênes, et ses rnollets contre le cheval, ceux-ci sans frapper.
Aussitôt l'elîet de demi-arrêt — car c'en est un — produit, le cavalier desserre ses doigts et ses mollets, qui reprennent alors l'état normal.
Il recommence toutes les fois que c'est nécessaire; d'abord constamment, puis fréquemment, ensuite de temps en temps.
Même avec un cheval qui cherche à s'emballer, et même encore quand il est parti, la pression des mollets est impérieusement réclamée pour substituer un mouvement uniforme, que le cavalier règle en même temps par la seule exécution de cette pratique, au mouvement désordonné, et pour empêcher le cheval de prendre, sur le sol, un appui qui déterminera un bond d'autant plus impétueux que l'appui sera plus prolongé.
S'agit-il de changer de direction, le cavalier serre ses doigts sur les rênes, ses mollets sur le cheval, du côté où il veut aller, les desserre, et recommence jusqu'à ce qu'il ait atteint la direction nouvelle recherchée.
Dans le principe, on rencontre une certaine résistance chez les hommes de troupe auxquels, précédemment, les procédés habituels si défectueux ont été inculqués, mais, au fur et à mesure qu'ils constatent eux-mêmes les résultats, d'autant plus démonstratifs qu'ils montent un cheval plus difficile et qui leur donnait plus de peine, ils se convainquent eux-mêmes.
Et en même temps que les chevaux se règlent, ils se calment, car il n'y a plus de ballottements des aides, d'à-coups sur la bouche, etc. Les chevaux s'équilibrent rapidement et la masse est amenée, par le mouvement de balancier du corps qui ne se porte en arrière que par
intei'mittence, à retomber sur les mors et à se livrer à la main.
Enfin, les membres étant amenés eux-mêmes à ne poser sur le sol que d'une façon momentanée, par suite de ce que la main exécute seulement des indications ou des effets de réglage intermittents, les articulations s'assouplissent, se moulent sur le terrain, et la réaction, cause de tares et de ruine prématurée, est réduite au minimum.
Qu'on veuille bien songer, si ces procédés de conduite, de locomotion, sont généralisés, combien le cheval s'en trouvera ménagé, combien la durée des es services s'en sera prolongée, et quelle économie en résultera pour le Trésor.
Nous avons dit qu'il n'y avait qu'une seule façon de bien monter à cheval et que, en outre, l'emploi des aides trouvait son application, de façon identique, analogue, dans toutes les acceptions, qu'il s'agisse du travail ordinaire, de dressage, du saut, d'entraînement ou de haute école.
Pour s'en convaincre, il ny a qu'à examiner comment ont procédé tous les hommes de cheval éminents qui nous ont communiqué leurs principes et leurs méthodes.
Pour être exprimée sous des formes différentes, avec des nuances un peu variables, avec des procédés qui leur étaient particuliers à chacun, en appuyant les uns sur un point, les autres sur un autre, la façon de mouvoir un cheval est, en définitive, la même et, pour être logique, comme elle doit avoir pour base l'étude de la locomotion, de la statique et du jeu naturel des membres, — données qui n'ont jamais changé, — il est forcé qu'il en soit ainsi.
Sans remonter à la Guérinière, qui est le père de l'équitation française, voici le comte d'Aure qui exprime que l'impulsion est la source du mouvement, qui près-
crit que le cavalier doit se servir des forces, les commander et non les détruire, la position de tête variant avec la vitesse.
Voici Baucber qui réclame la légèreté absolue par les assouplissements, qui recommande les oppositions sans prendre sur le mouvement, de rapprocher les extrémités postérieures du centre de gravité, de façon que l'action des fléchisseurs prime tellement celle des extenseurs que l'action ne peut se produire qu'en élévation.
C'est le général l'Hotle qui, à son tour, prescrit de parler à l'intelligence du cheval par la position et d'avoir les hanches diligentes ^.
« Si A'ous gênez le cheval, dit le commandant Dutilh, vous êtes gêné. » Et il recommande le placer, la division des appuis et ajoute : « Toutes les méthodes sont bonnes, la meilleure serait celle de l'écuyer qui aurait assez de discernement pour emprunter à chaque professeur ce qu'il a de bon et qui aurait le courage d'avouer ses propres erreurs ».
Le baron de Vaux, dans les Hommes de cheval^ résumant l'équitation des d'Aurc et des Baucher première et deuxième manière, fait ressortir l'emploi, par ces hommes de l'art, des équilibres divers, du jeu de l'encolure, du poids reversilile de l'encolure et du corps du cavalier.
Gerhart, maintenant, dans son Traité des résistances du cheval, commence par préparer ses chevaux, en leur faisant faire de la gymnastique au moyen d'assouplissements à la cravache; ensuite, il donne une position et il insiste sur l'exploitation de l'impulsion, sur
(Ij Le généi'al L'Hotte einplojait souvent la comparaison suivante : ■• Lorsque vous êtes à cheval », disait-il ■• vous devez vous considérer comme au-dessus d'un petit ruisseau qui coule en pente douce. Vous pouvez, avec la main, arrêter son cours; l'eau s'amoncelle alors en arrière. Enlevez l'obstacle, c'est-à-dire votre main, et cette eau reprendra sa marche avec une plus grande vitesse qu'avant. »
le centre des forces, sur rutilisation du demi-arrêt.
Et voici Fillis qui exploite à son tour avec maestria l'impulsion reçue par la main chargée de la distribuer.
Le commandant Dumas vient alors — et avec quelle compétence! — nous parler de l'équitation diagonale dans le mouvement en avant.
Gomme je lui exposais les grandes lignes de mon travail : Préparation de la masse par les assouplissements, disposition de la masse, animation de la masse : « Ma progression », me dit-il, « commence par où vous finissez; à part cela, nous sommes parfaitement d'accord sur la nécessité des exercices que vous préconisez.
« Je ne demande rien que dans le mouvement en avant. Le mouvement est le seul roi des assouplissements, si Ton sait s'arrêter avant la conlraclion qui amène la fatigue, assez à temps pour que l'exercice répété ait produit l'effet d'entrainement nécessaire aux muscles. En un mot, l'exercice donne la bonne contracture et empêche la contraction. » Et vous pensez bien que la contradiction relevée dans notre progression et celle du commandant Dumas n'existe que dans l'énoncé luimême, car vous avez pu voir que nous animons nos chevaux dès le début et que nous faisons aussi du mouvement la base de notre première phase, la préparation par les assouplissements.
Voici nos jeunes enfin, et le capitaine de Saint-Phalle en particulier.
Si nous faisons une vaste addition de tous les principes émis par les écuyers, puis de leurs procédés de dressage et d'emploi, nous formerons un bloc conçu ainsi :
Tout doit être pris sur le mouvement en avant.
Il faut préparer la masse par les assouplissements.
Il faut donner ensuite la position ou la disposition.
Il faut enfin, par un emploi logique des aides, basé sur l'étude de la locomotion, de la statique, de la
322 DU CHEVAF. BIEN Mr ET I5IEN MIS.
dynamique et du jeu naturel des membres^ mouvoir la masse en influençant le centre de gravité.
Combien de gens, auxquels cela ou une partie échappe, ayant des prétentions cependant, agissent à faux!
Qu'on leur dise, leur cheval étant à Tarrèt, de faire prononcer le départ, au pas ou au trot, par l'une des deux épaules ou l'un des deux diagonaux — il semblerait que c'est Va b c — et cependant beaucoup n'y arriveront pas.
Il le faut, pourtant, et ce simple mouvement est une des meilleures preuves que la masse est bien préparée et que l'obéissance aux aides est complète.
Le cavalier, par un déplacement d'assiette imperceptible, a provoqué 1 extension de l'épaule qu'il veut voir se porter en avant ou bien sollicite le postérieur qui, s'engageant, fait refluer le poids sur l'épaule opposée en diagonale; celle-ci, déchargée par une disposition préalable de la main et de l'assiette, mais mise dans l'obligation de se mobiliser, s'avance.
Nous n'avons pas la prétention d'avoir rien émis de nouveau au point de vue de l'emploi et du rôle des jambes, mais nous l'avons spécifie après l'avoir raisonné et approfondi; et nous avons voulu attirer l'attention sur la nécessité de mouvoir son cheval, aiin de se substituer à sa monture, et de forcer son obéissance tout en l'aidant et lui apportant son appoint.
Le mouvement étant la source de toute exécution, l'impulsion doit être constamment provoquée et entretenue pour que le rendement soit exact et n'occasionne pas de flottements
De même, le bicycliste conserve sa machine bien droite par l'impulsion, dont l'insuftisance provoque des zigzags.
Il suit son guidon et, quand il veut changer de direction, il se contente d'influencer celui-ci, la partie
avant; et la machine, par suite de la vitesse acquise, de l'impulsion, s'engage sans effort dans la nouvelle direction et peut serpenter dans tous les sens.
Manque d'impulsion, manque de fixité dans les aides, voilà les principales entraves à la bonne exploitation du mouvement du cheval.
Le cavalier doit travailler en dedans, tout en déplaçant les parties mobiles en dehors, c'est-à-dire concentrer son action, ses efifets, sur le cheval, et cela, en l'envoyant, au moyen des aides du dedans, sur les aides du dehors qui, en limitant l'écartement de la masse, viennent concentrer leurs efforts sur le centre de gravité et les unir à ceux des aides du dedans.
Si le cheval n'est pas bien encadré par les rênes et par les jambes, si une porte est ouverte, le cheval la prend, de son avant-main ou de son arrière-main, inconsciemment; c'est l'impulsion qui entraîne ainsi la partie de la masse qui n'est pas maintenue.
De même si, au lieu de rencontrer une aide qui la maintientou la redresse, la parlie déplacée trouve en cette aide un appui, elle le prend aussitôt mécaniquement ; s'il est moelleux et bien présenté, il sera utile à la bonne exécution du mouvement, mais, s'il est trop fort ou prolongé, il amènera la contraction par réaction ; et plus il le sera, plus la contraction s'accentuera; or, la contraction est l'opposé de la bonne contracture.
Et la nécessité du concours que doivent se prêter la main et les jambes ressort avec la même évidence.
Quand le cavalier produit, avec la jambe, une action, si la main, par suite d'un déplacement ou d'une mauvaise position, la laisse échapper, cette action, au lieu d'être localisé sur le cheval, va aboutir dans le vide et, non utilisée, est perdue.
Et c'est ainsi que, en tendant les bras en avant, — outre que cette position, par son ballant, produit sur les mors une action déagréable au cheval et
amène des flottements de la tête, — le cavalier se met dans Timpossibilité de recevoir l'impulsion à temps pour pouvoir l'utiliser sur lavant-main, puisqu'elle est perdue ou a été employée difTéremment.
Et cependant, combien ce défaut est répandu, et pour ie saut en particulier !
Enfin si, dans l'action, comme dans l'opposition, le cavalier doit mettre quelquefois une grande énergie, provoquant de sa part une contraction musculaire considérable, la force employée doit être sensiblement égale à celle employée par le ciieval, ne doit pas la dépasser en intensité, sous peine d'amener la résistance par la contraction Spontanée; et cette action, qui doit être renouvelée jusqu'à ce que l'obéissance s'ensuive, ne doit pas être prolongée au delà du temps que la partie que l'on veut influencer met à évoluer, laissant aux muscles la liberté de reprendre leur disposition naturelle, de venir à la décontraction, pour être amenés à la bonne contracture qui engendrera progressivement la régularité du mouvement. De même un ressort ne pourra être utilisé à nouveau que quand on aura provoqué sa détente pour pouvoir le bander derecbef.
Et c'est ainsi que nous nous rapprocherons le plus possible de la façon quasi idéale de conduire un clieval, de le mouvoir plutôt, et que nous obtiendrons tout par l'adresse, par le moelleux, par le tact, nous adressant, en connaissance de cause et avec habileté, à la partie à laquelle chaque effet est destiné; toute force malencontreuse étant rigoureusement bannie de Vêquitation.
Pratique et science. Rapprochement.
A la suite de nombreux voyages, dans lesquels il avait été amené à monter des chevaux très différents, le doc-
SIXIEME CAUSERIE. 32b'
teur Le Bon entreprit de rechercher scientifiquement la meilleure méthode pour dresser le cheval, en s'aidant de la Chronophotographie et de difTérents instruments, chronomètre enregistreur, dynamomètre, etc., et fît paraître, en 1892 ', sous le titre l' Eqiiitalion actuelle et ses principes. — Recherches expérimenlales, un ouvrage, publié d'abord dans la Jieviie scientifique, que nous allons suivre dans ses grandes lignes.
« Les neuf dixièmes des accidents, dit-il, surtout les chutes sur les jambes de devant et l'emliallement au galop, sont les résultats du dressage insuffisant du cheval.
« Le cheval non dressé s'use prématurément.
« Les assouplissements de l'avant-main et de l'arrièremain transforment le cheval, comme la gymnastique transforme un lourd paysan breton à la démarche traînante en un agile chasseur à pied.
« Avec le nouvel équilibre donné par le dressage, le cheval modifie entièrement ses allures... il produit par conséquent le maximum d'efTet utile avec la moindre dépense possible de force. »
Examinant la constitution mentale du cheval, le docteur Le Bon dit que la caractéristique fondamentale de la psychologie du cheval est la mémoire : « Il est peu inteUigent, mais sa mémoire représentative est supérieure à celle de l'homme.
« Le cheval est un animal craintif. Quand il est dominé par la peur, il cesse d'obéir à son cavalier, fait des écarts et devient dangereux. Quand, par le dressage, on lui a donné l'habitude d'une obéissance absolue, ses mouvements sont trop faciles à paralyser pour qu'il puisse devenir dangereux.
« Les jambes », dit-il plus loin avec grande raison, « donnent au cheval l'impulsion, les mains règlent, par