LÉSIONS ANATOMIQUES TROUVÉES A L'AUTOPSIE
part vasculaire et possède tous les caractères d'une cirrhose ancienne plutôt dystrophique qu'inflammatoire. Le tissu de sclérose se caractérise par la présence de fibres élastiques et même des fibres musculaires lisses plus ou moins abondantes. Enfin le cœur est généralement hypertrophié, fait qui cadre avec le bruit de galop et Thypertension constatés pendant la vie. Cependant cette hypertrophie n'existe pas toujours et notamment n'est pas dans le cas signalé par M.Bezançon où le diagnostic de chlorose semble s'imposer. Quoiqu'il en soit, cliniquement et anatomiquement notre cas diffère de ceux de M. Lancereaux et de ses élèves par plusieurs caractères.
Tout d'abord nous avons eu affaire à un cas de néphrite aiguë ou tout au moins subaiguë, avec urines rares, troubles, sanglantes et anasarque énorme. Enfin l'anatomie pathologique de notre cas s'est aussi montrée diffîerente. Le rein était de volume normal, plutôt un peugrog et rappelait l'aspect du rein blanc. Les lésions histologiques se caractérisaient bien par de la sclérose périartérielle, mais celle-ci était tout à fait au début à la période inflammatoire, et il était impossible de constater encore des fibres de tissu connectif, à plus forte raison des fibres élastiques ou musculaires.
Si l'évolution de ces lésions eût été m oins rapide, aui ait elle abouti aux lésions comparables à celles décrites par M. Bezançon ? C'est possible. Cet auteur, il est vrai paraît plutôt voir une lésion dystrophique et chronique d'emblée dans la néphrite liée àl'aplasie artérielle; cependant il émet le doute suivant : « Il est à la rigueur possible qu'une néphrite diffuse subaiguë ou parcellaire de nature toxique ou plus probablement infectieuse ait inauguré le
processus histologique qui a conduit le rein à l'atrophie. Cette hj'pothèse si elle se vérifiait en mettant la cause efficiente en regard de la cause prédisposante, ne diminuerait en rien l'importance de cette dernière condition.»
Nous croyons que,si nous voulons rattacher notre observation à celle de Lanccreaux, c'est de cette façon qu'il faut l'interpréter. L'aplasie artérielle n'aurait été qu'une cause prédisposante d'infériorité du rein et la néphrite toxique ou infectieuse, nous l'ignorons autant que nous ignorons sa cause première, aurait fait unebrightique de cette jeune tille qui n'était jusque-là que chlorotique.