OJO
ANALYSE DES RÉSULTATS
Existe-t- il un rapport entre les variations de la toxicité et les améliorations ou la guérison ? Que devient la toxicité des urines quand la chorose s'améliore? Augmente-t-elle ou diminue-t-elle? Il est difficile de conclure. On voit que d'après ce tableau nous avons eu avec l'amélioration sur neuf cas, quatre fois des augmentations de toxicité, trois fois des abaissements de celle-ci ; deux fois enfin, l'examen de la toxicité n'a été recherché qu'une fois.
Augmentation de la toxicité.
Obs. VI Obs. VHI Obs. IX Obs. X
Diminution de la toxicité.
Obs. V Obs. IV Obs II
Il en a été de même pour la comparaison des divers éléments éliminés par l'urine, nous n'avons pu saisir
aucune relation entre leurs variations et les modifications dans la toxicité urinaire. Nous avons comparé successivement à ce point de vue sans résultat les tableaux relatifs aux chiffres de l'urée et des phosphates.
Quant aux coefficients d'oxydations, nous avons vu que les variations de ceux-ci sont très faibles, mais elles ne sont nullement de même sens ou de sens contraire à la toxicité. Avec le chiffre d'oxydation le plus élevé 0,90, nous avons un coefficient urotoxique très faible 0,171, c'est-à-dire sensiblement égal à celui de 0,178 qui correspond aux oxydations les plus faibles 0,83.
COEFFICIENTS
COEFFICIENTS
d'oxydation
DE TOXICITÉ
Pour ce qui est des pigments qui ont, on le sait, une grande importance dans les variations de la toxicité des urines, nous montrerons, en discutant les causes de la toxicité, que nous n'avons pu établir des variations parallèles entre les coefficients urotoxiques et les chiffres exprimant d'une façon un peu schématique la plus ou moins grande abondance de pigments.
Enfin existe-t-il un rapport constant entre la présence
ANALYSE DES RÉSULTATS 95
des petits signes ou de l'albumiaurie et la diminution de la toxicité urinaire ?
Une seule observation ne nous a présenté aucun petit signe de brightistne et pas d'albumine. Le coefficient
était faible 0,272.
Deux fois, aucun petit signe et constatation de traces d'albumine d'une façon passagère, toxicité faible encore 0,276 et 0,142.
Les cas où les petits signes étaient au grand complet n'ont pas présenté d'ailleurs des coefficients plus faibles.
De nos observations, il semble difficile de conclure à un parallélisme absolu entre les petits signes de brightisme et la faible toxicité urinaire.
Nos conclusions seront plus réservées et nous dirons seulement : les petits signes sont extrêmement fréquents dans la chlorose, et la toxicité urinaire est toujours faible dans cette maladie,
A la suite de nos observations de cblorose, nous en avons ajouté deux autres relatives à des cas de pseudo -chloroses tuberculeuses, Dans ces deux cas le diagnostic pouvait être au premier abord un peu hésitant; il n'existait pas de fièvre et les symptômes pulmonaires étaient peu marqués. La toxicité urinaire s'était montrée dans ces deux cas, non pas même normale, mais très augmentée. Les coefficients étaient, en effet, 0,670 et 0,995. Les coefficients d'oxydation étaient 0,81 et 0,83. Nous pensions qu'il y avait là une cause de toxicité toute indiquée : l'élimination de toxines tuberculeuses. Grisa fulli (Ri forma medica, 1891) a montré que les injections de lymphe de Koch augmentaient la toxicitédes urines. Gdniiieri (Rivista clinica, 1891) a fait les mêmes constatations chez les animaux et
chez l'homme. Gharrin et Lenoir enfin fSoc. biologie, 1893) ont constaté dans les urines des tuberculeux un poison vaso-dilatateur. Nous avons recherché dans trois autres cas de tuberculose au début sans fièvre la toxicité urinaire, et nous avons trouvé les chiffres suivants : 0,607, 0,326 et 0,196. Le dernier chiffre est fort au dessous de la normale, sans que nous ayons pu en déterminer la cause.
Nous ne proposons donc pas l'appréciation des différences de toxicité comme moyen de diagnostic. Nous citons seulement ces faits pour montrer qu'ils sont complètement différents de ceux observés dans la chlorose, puisque sur cinq cas nous avons eu trois toxicités très élevées, une presque normale et une très diminuée.
GHAPlTIiE V
Analyse du .Mémoire de MM. Plechini et Conti sur la toxicité urinaire dans iiuit cas de chlorose. — Insuffisance de leur procédé.
Arrivé au terme de ce travail, nous avons eu connaissance de recherches analogues faites par deux auteurs italiens, MM. Picchini et Gonti, de Crémone. Leur mémoire intitulé : u La Tossicità délie orine in alcuni casi di anémia » a paru dans // Morgagni du 8 août 1893. Nous analyserons rapidement cette étude, en montrant que la partie expérimentale pèche par plus d'un point, et en com parant les résultats obtenus avec les nôtres.
L'idée directrice des deux auteurs était la suivante : Les anémies et notamment les lésions du sang" sont dues à des substances toxiques, mises en circulation et dont l'origine est très probablement le tube intestinal. Glarke, on le sait, a soutenu la théorie de la chlorose par coprostase. Hayem affirme le pouvoir tout au moins prédisposant des dyspepsies de l'adolescence sur le développement de la chlorose. Hunter attribue un grand nombre d'anémies à l'absorption par le tube digestif de ptomaïnes,
dues probablement à des micro-organismes, et compare ces faits à l'intoxication expérimentale produite par le toluylendiamine.
Partant de ce principe, les auteurs pensaient trouver une toxicité urinaire modifiée dans la chlorose, c'està-dire augmentée et comptaient avec laguérison ou l'amélioration de la maladie trouver des variations de sens inverse, c'est-à-dire une diminution delà toxicité.
Tout d'abord, relativement au moyen expérimental employé pour déterminer la toxicité urinaire, il y a une objection capitale à faire, c'est que les auteurs n'ont pas produit la mort de l'animal en expérience. L'animal choisi était le lapin. L'injection se faisait avec des urines filtrées, recueillies, pendant vingt-quatre heures consécutives, de deux heures en deux heures par le cathétérisme. L'appareil se composait d'un tube analogue à une burette de Mohr, élevé à l^jbO au-dessus de la table et terminé par un tube de caoutchouc muni d'une aiguille. L'injection était faite dans la veine postérieure de l'oreille. Les auteurs n'indiquent pas la vitesse et la durée des injections. « Pour établir ce coefficient de toxicité, disent-ils, nous avons cherché à introduire une quantité d'urine telle qu'il se produisit chez les animaux en expérience des accidents très graves (myosis, dyspnée, abattement, se cousses convulsives, paralysie) et de nature à rendre incertain sur la mort ou la survie ultérieure, mais sans jamais pousser Vinjection jusqu'à déterminer la mort de V animal pendant V opération. » Six fois seulement, les lapius inoculés moururent quelques instants ou quelques heures après l'injection, quinze fois ils survécurent. C'est, on le voit, un procédé sans aucune précision et qui