‹ Du chloroforme dans le traitement de l'éclampsieChapitre 10 sur 19 · IMPORTANCE DE LA RAPIDITÉ DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE LA RAPIDITÉ DU TRAVAIL

Si le chloroforme est utile pour combattre ‘les manifestations de l'éclampsie, nous n'avons pas vu qu'il s'attaquât directement à la cause même du mal, soit à l’épine qui irrite l'utérus, soit au poison inconnu qui infecte le sang. Seule l'évacuation de l'utérus nous paraît posséder cet avantage et j’émets l'opinion de la plupart des accoucheurs.

En effet, pour ceux qui rattachent l’éclampsie à l’irritation de l'utérus, la question n’est pas douteuse ; sublata causa tollitur effectus ; parmi les autres mêmes, pour ceux qui l’attribuent à l'infection du sang, un grand nombre comme Halbertsma, comme Grailly Hewitt, comme Routh, admettent que la compression par l'utérus des uretères ou des reins arrêtant l’action dépurative de ces organes, est le premier principe de l’empoisonnement, et il n’est peut-être pas enfin d’accoucheur qui n’accorde à la délivrance l'action la plus bienfaisante comme étant déplétive ou arrêtant la production de l’agent septique. De là, comme on le sait, est partie la méthode appelée traitement obstétrical qui ne laisse pas de compter un grand nombre de partisans. « En réalité, dit Labusquière, en dehors du traitement obstétrical, vider l'utérus dès qu'on le peut sans violence, tous les autres moyens sont douteux, et n’ont aucune action quelque peu certaine sur le pronostic définitif de l’éclampsie puerpéral. » Et Marfan « Le plus souvent l'éclampsie qui se manifeste à la fin de la grossesse ne peut être

enrayée que par l’évacuation de l'utérus. Quand les accès en dis-

paraissent pas totalement après la délivrance, ils s’affaiblissent toujours en intensité. »

« Quand les accès ne disparaissent pas totalement après la délivrance, ajoute le docteur Triaire de Tours, ils s'affaiblissent toujours en intensité, en durée et en quotité ».

Il n'est pas rare, en effet, de rencontrer des observations où la délivrance amène la disparition totale des accès.

Le docteur Vaccino cite le cas d’une femme qui eut à deux accouchements deux reprises d'éclampsie ; aux deux fois, plusieurs modes de traitement furent employés sans succès, mais les convulsions cessèrent aussitôt après la délivrance. Je relève dans les registres de la Clinique, où M. le professeur Moussous a bien voulu m'’autoriser à puiser, les observations suivantes :

Une femme subit pendant le travail 5 accès convulsifs; travail rapide ; la malade accouche dans le coma; 2 accès seulement après la délivrance.

Une autre femme en état d'éclampsie est accouchée par le forceps et ne voit plus reparaître ses convulsions.

Je pourrais multiplier les exemples sans utilité, puisque c’est un point qui n’est guère contesté. Et si l’on objectait que l’éclampsie débute parfois après la délivrance, il est facile de se rendre compte que ces faits sont plus rares et beaucoup plus bénins.

Je me suis attaché à faire ressortir l’avantage d’une rapide délivrance afin d'expliquer la longueur et l'importance que je vais donner au chapitre qui suit :

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