‹ Du chloroforme dans le traitement de l'éclampsieChapitre 12 sur 19 · MUSCLES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

MUSCLES ABDOMINAUX

Bien que les muscles abdominaux exercent un rôle assez accessoire dans l'accouchement, il n’en est pas moins vrai que cette sorte de sangle tendue au devant de l’utérus lui offre un solide point d'appui. Leur force, dans l’acte de l’expulsion a même été étudiée par Poulet et évaluée à plusieurs kilogrammes.

Or, l’anesthésie peut les annihiler pour deux raisons : 1° en altérant directement la fibre contractile ; 2° en supprimant la sensibilité des organes génitaux internes et l’action réflexe qui fait éprouver à la femme le besoin de pousser. Ces prévisions ont été justifiées par les remarques de Grenser, Scanzoni, Tarnier. « La contraction des muscles abdominaux, dit celui-ci, est notablement diminuée pendant l’anesthésie. » Pinard ajoute : « Nos recherches n’ont fait que confirmer cette manière de voir. Quoiqu'il en soit, le fait nous a semblé constant. Cette influence et l’action du chloroforme sur l'effort est très nette. Souvent, après avoir observé avec grand soin la durée de l'effort et ses caractères, il nous est arrivé de soumettre rapidement la parturiente aux inhalations chloroformiques, et nous constations alors un effort moins long, puis moins bien caractérisé, puis saccadé, n'apparaissant qu’au début et à la fin de la contraction et quelquefois disparaissant tout à fait. On cessait alors le chloroforme et progressivement l’on voyait l'effort reparaître avec ses caractères de durée, d'intensité et d'efficacité.

Enfin, nous connaissons déjà les conclusions du Comité de

Londres à ce sujet.

MUSCLES DU PÉRINÉE

L'entente n'est pas aussi complète pour ce qui est des muscles du périnée. Il me paraît toutefois certain, comme l'ont fait voir Blot et Pinard, que le périnée perd sa vigueur chez la femme anesthésiée. Il ne peut plus, après la contraction, réagir contre la pression céphalitique et repousser la tête du fœtus pour la faire rétrograder ; ou du moins il ne le peut plus d’une façon aussi complète. Cette action serait donc favorable à l’anesthésie, mais elle est de peu d'importance, étant donné que le périnée comprend, outre les muscles, des aponéoroses qui ne subissent pas la même influence.

Les déchirures en sont-elles plus fréquentes? Question difficile à élucider. Tandis que Sachs a constaté 4 fois la rupture du périnée sur 27 cas d'accouchement avec le chloroforme, que Robert Jones aurait vu une déchirure sur 93 cas d'accouchement sans chloroforme et 1/27 dans les cas d’anesthésie que Robert Barnes les regarde également comme plus fréquents, la plupart des accoucheurs soutiennent encore l’opinion contraire.

RÉTRACTILITÉ UTÉRINE. HÉMORRHAGIES.

L'ordre du sujet m'a obligé de poursuivre l'examen de l’accouchement et de quitter le muscle utérin. J'y reviens pour les suites de la délivrance. À ce moment les fibres musculaires sont encore sous l'influence du chloroforme, surtout si on a continué de l’administrer. Elles ne peuvent revenir sur elles-mêmes; les fibres en anses en particulier ne peuvent se resserrer pour oblitérer les sinus utérins largement ouverts. Peut-être aussi faut-il admettre avec Barnes que les centres nerveux étant assoupis ne se prêtent plus à l'excitation provoquée par le sang qui s'échappe et n'y répondent pas; que l’acte réflexe en un mot est supprimé.

Quoi qu'il en soit, voici les propres paroles de Simpson, qui a le premier appliqué le chloroforme aux accouchements : « Mon esprit n’a jamais été à l'abri de la crainte d’hémorragies consécutives à l’emploi de l’anesthésie ». ;

Scanzoni dit aussi : « Malgré les avantages de l’anesthésie, je n'oserais pas en généraliser l'emploi à cause des accidents de la délivrance, surtout des hémorragies qui suivent ou accompagnent l'expulsion du placenta à la suite de la chloroformisation ».

Montgommery, Rigby, Hüter expriment la même crainte.

Winckel déclare qu'il a observé des hémorragies à la suite de l'anesthésie.

Le professeur Barnes écrit à M. Pinard : « L'influence du chloroforme est quelquefois fâcheuse. C’est un fait que j'ai cons-

taté trop souvent pour permettre des doutes, que le chloroforme

Hoi peut amener un état de paralysie de l'utérus, associé peut-être à un assoupissement des centres nerveux, qui favorise les hémorragies et reñd plus difficile la délivrance.

Le D' Testut, de Bordeaux, signale au même auteur qu’étant interne à l’hôpital Saint-André, il a constaté quelques cas d’hémorragies et doit conclure de ses observations que la chloroformisation poussée trop loin favorise les hémorragies.

Enfin M. Pinard ayant donné le chloroforme à 23 femmes en

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