SUR LA CIRCULATION
Nous retrouvons la même action stupéfiante. Le chloroforme, dit Laréginie, se fait d'abord sentir sur le cœur qui se contracte avec une force peu considérable.
François Franck reconnait la diminution de la pression sanguine et du nombre des pulsations.
Lorsque l’on dépasse le degré obstétrical de l’anesthésie, dit Dutertre (th. de Paris) ou lorsque l’on emploie le chloroforme trop longtemps il y a diminution graduelle et affaiblissement des contractions.
Pinard : « Dans deux cas de nos observations, alors que nous donnions le chloroforme à doses massives, nous vîmes tomber le pouls à 48 et 44, ce qui nous fit suspendre toute inhalation. »
Pareil fait a été observé par Hartman (d'Helsingford) et par Stimson.
Dans d’autres cas même, continue Dutertre, au lieu d’une rapide diminution, nous rencontrons une cessation brusque des contractions, cessation que rien ne faisait prévoir; ce fait a été observé en chirurgie.
La circulation est donc ralentie, parfois supprimée et le sang lui-même subit diverses altérations que nous retrouvons consignées par Samson. Le chloroforme raccornit les globules rouges et les rend impropres à l'absorption de l'oxygène.
Les globules rouges sont détruits, affirme Bôttcher et laissent former des cristaux d’hémoglobine? (V. observation, n° V).
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L'influence du médicament est tellement nette que les cadavres des animaux morts anesthésiés se conservent beaucoup plus longtemps.
Enfin, comme témoignage de ces altérations on constate une coloration spéciale du sang, signalée d’abord par Pinard : « C’est une coloration affectée par certains vins et se rapprochant de celle du foie frais et sain. » Dutertre l’a aussi rencontrée deux fois.
Gruby, en 1848, tire de ses expériences les conclusions suivantes : 1° Le sang artériel est d’un rouge plus foncé; 2° le sang veineux est d'un rouge clair et perd sa teinte rouge noire; 3° le sang veineux est plus rouge que le sang artériel chez une personne non chloroformée.