CHAPITRE TI
Étiologie, pathogénie, marche et terminaison.
Les études sur l'anatomie pathologique des lésions péri-utérines ont été poussées à un tel point, grâce à la multiplicité des occasions de pratiquer sur des pièces d’origine chirurgicale des examens à toutes les périodes de l'évolution de ces affections; il a été fait tant d'observations complémentaires au cours des laparotomies qu'un exposé raisonné de leur marche doit se reporter presque exclusivement à ces notions précieuses.
Il en est ainsi de chacune de ces lésions non seulement dans sa période d'état, mais encore à l'heure du début comme à celle de la terminaison.
Sans compter en effet, les renseignements fournis par les autopsies, trop longtemps mal interprétés, les anatomo-pathologistes ont reçu des laparotomistes des pièces intéressantes comprenant, outre la lésion principale directement visée, ici une lésion naissante, et là une lésion spontanément guérie ou considérée comme telle.
. C'était une première raison pour manquer à l'ordre habituel. Une autre raison analogue à la précédente, c'est qu'au delà de la cause commune la plus fréquente, l'infection utéro-vaginale, ces affections prises une à une peuvent être tour à tour cause ou effet de l’antécédente et de la suivante.
Si donc je voulais étudier de chacune l’étiologie, la marche et la terminaison (complications comprises) je m'exposerais à des redites incessantes, à des renvois tellement nombreux que je perdrais forcément de vue le but que je vise, c’est-à-dire la recherche de ce qu'il faut faire pour le bien de la malade.
L'ordre que j'adopte n’est cependant pas naturel. Les lésions annexielles ne peuvent être classées en échelons qu'on aborde l'un après l'autre; elles sont liées en un réseau compliqué d'anastomoses
dans tous les sens, qu’on ne pourrait parcourir d’un seul trait. Voici le classement artificiel, les motifs que je crois devoir adopter ce classement artificiel et les motifs qui me le font adopter.
A.— 1° Les petits kystes de l'ovaire, du ligament large, les kystes hydatiques, et les tumeurs proprement dites de l'ovaire; 2° les petits fibromes de l'utérus ; 3° la tuberculose génitale dont la pathogénie et l'étiologie ne seront que très incomplètement esquissées, tandis que leur marche nous arrêtera un instant, car c’est d'elle qu'ils tirent leur seul caractère diagnostic pour ainsi dire. Je noterai aussi les cas où ils peuvent engendrer directement des lésions annexielles.
Toutes choses examinées d’abord pour qu’elles soient faits acquis par la suite. |
B. — Les grossesses extra-utérines et hématocèles pelviennes. Liées l’une à l’autre par une étroite parenté, elles sont de plus alternativement cause et effet des autres annexites, mais représentent un mode d'évolution (complications) un peu spécial et distinct de ce qui va suivre.
C. — Les phlegmons du ligament large, distincts par leur origine, maladie en voie de disparition, puisqu'elle est l'effet, le plus souvent, de la seplie du passé.
D. — L'ovarite isolée, et sa parente au point de vue de la pathogénie, la salpingite pariétale: parentes du phlegmon, elles ont en outre quelques origines spéciales au point de vue clinique.
Comme les lésions précédentes, je les classe sous le nom de lésions dues à l’infection commune, dénomination provisoire, actuelle de la strepto-staphylococcose.
E. — Lésions dues au gonocoque : 1° la salpingite; 2° les lésions du péritoine pelvien. Celles-ci considérées tant au point de vue de leur genèse, irritation quelconque des organes de la région, que de leurs conséquences.
À. — Kystes, Fibromes, Tuberculose génitale.
1° Perirs KYSTES DE L'OVAIRE, DERMOÏDES ET SÉREUX, PETITS KYSTES DE L'ORGANE DE ROSENMULLER ET DU PAROVAIRE. — Leur pathogénie a été l’objet de travaux sinombreux, siimportants, queleur seule énumération tiendrait plus de place qu’il ne nous est permis d'en employer pour ce point qui ne touche que très peu le fond de notre essai.
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Retenons qu'ils se développent aux dépens des organes sus-indiqués, de préférence pendant l’âge génital de la femme, mais que cela est loin d’être une règle absolue; les kystes dermoïdes notamment sont fréquemment l’attribut des sujets jeunes.
Mais tandis que les collections séreuses développées aux dépens des vestiges du corps de Wolff (portion urinaire ou parovaire, portion génitale ou organe de Rosenmäüller) sont à proprement parler des affections bénignes, qui n'ont d'autre inconvénient que leur présence et la place qu'ils occupent au détriment des organes voisins, il semble de plus en plus que les kystes de l'ovaire, ou kystes du ligament large développés aux dépens d’ovaires supplémentaires, soient des productions :
1° À malignité atténuée, kystes uni ou pauci-loculaires.
2° À malignité de plus en plus accusée, kystes multiloculaires végétants, kystes mixtes de Poupinel (1), kystes mucoïdes de Terrier.
3° Et enfin à malignité extrême, cancers de l'ovaire à généralisation rapide.
Les kystes parovariens guérissent souvent, paraît-il, par une simple ponction, tandis que les kystes ovariens résistent à ce traitement.
Le diagnostic clinique des formes moyennes est au début fort dificile et expose à négliger une production maligne qu'il y a tout intérêt à enlever rapidement.
L'ascite qui compliquera les tumeurs malignes de l'ovaire manque en effet dans les formes bénignes, et presque toujours au début. Il en est de même de la cachexie spéciale, et du facies ovarien. D'où cette indication opératoire « ponctionner avant d'ouvrir le ventre », en présence d’une tumeur fluctuante peu volumineuse de la. région, et à marche lente, toutes les fois qu'on ne sera pas certain de la localisation ovarienne ; enlever au contraire au plus tôt dès que l'origine ovarienne est confirmée.
Cette dernière indication peut d’ailleurs résulter de la marche de l'affection : développement rapide, mais régulièrement progressif d’une tumeur ovarienne signifie tumeur maligne qui est susceptible de se généraliser rapidement et qui devra en conséquence être enlevée rapidement,
S'il se produit des poussées fébriles au cours de l’évolution d'un
(1) Archives de physiologie, 1877, p. 295 et suiv. C. 5