CHAPITRE IV
Renseignements fournis par l'exploration. Signes physiques
Je n'ai en aucune façon la prétention de décrire quelque signe pathognomique des annexites ou de l’une d'elles. Je n’ai pas non plus celle d'exposer toutes les sensations qu'elles donnent.
11 y a cependant ici une œuvre à faire, mais si je veux plus tard essayer de l’esquisser (au chapitre diagnostic), je ne possède ni l’ex- périence, ni les documents nombreux nécessaires : le groupement de ces signes fournira sans doute quelques données nouvelles plus tard, et la conséquence de ce groupement systématique sera sans doute le
facile diagnostic des annexites entre elles.
En réalité, donc, le présent chapitre, d’ailleurs nécessaire à l’exposition du sujet, n'est que le commentaire de la partie de la feuille d'observation relative aux renseignements fournis par les différents modes d'exploration. :
La vuz donne quelques renseignements immédiats : forme et volume de l'abdomen, état de la paroi, flaccidité, cicatrices, etc.
Mais surtout elle renseigne d'emblée sur un point des plus importants, l’état général de la malade, et peut faire prévoir que l'exploration sera difficile ou facile.
Moyens d'exploration et difficultés.
1er Cas. — Il s’agit d'une femme maigre avec une paroi abdominale relâchée et dépressible, un vagin large; elle ne souffre pas trop ou supporte courageusement la douleur : l'examen sera facile ; la main qui pratiquera le palper abdominal viendra facilement au contac des doigts qui pratiquent le toucher vaginal ou rectal.
2e Cas. — Il s’agit au contraire d’une femme en plein embonpoint,
dont la paroi abdominale est tendue, dont le vagin étroit n'admet que difficilement les doigts explorateurs ; elle souffre beaucoup et supporte mal la douleur : l'examen sera difficile ; les perceptions resteront vagues et il faudra répéter l'examen sous le chloroforme, toujours indiqué en pareil cas.
3° Cas. — Entre ces deux extrêmes on rencontre toutes les combinaisons, seule la paroi abdominale reste tendue, ou bien l’obstacle est seulement vaginal, ou bien la douleur au moindre contact est telle que toute exploration est impossible : mais de deux choses l’une, ou bien l'examen sera concluant, ou bien il ne le sera pas. S'il n'est pas concluant on devra loujours recourir à l’anesthésie ; à la rigueur au dernier moment immédiatement avant l'opération, mais cette conduite n’est guère justifiée que lorsqu'il y a urgence absolue. Dans tous les autres cas il est préférable d’anesthésier deux fois.
1 ne faut pas oublier, qu'il est d'observation constante que deux explorations successives avec etsans anesthésie donnent presque toujours des sensations différentes dans ces cas douteux. .
J'ai nommé le palper abdominal, qui est toujours combiné au toucher vaginal, et quelquefois (chez les vierges où c’est une nécessité), au foucher rectal, et le chloroforme. Tous les auteurs sont d'accord sur l'emploi des uns et des autres : ces moyens d'exploration renseignant tous sur l’état actuel. Mais il en est deux autres, souvent négligés, parfois systématiquement repoussés, l'usage du spéculum et l'exploration visuelle de la vulve qui fournissent cependant des renseignèments matériels, des signes physiques de nature à confirmer ou controuver ce qu'on sait par l'interrogatoire de la patiente.
Jexpose plus loin les signes ainsi perceptibles et l'importance de quelques-uns. | d
Mais je dois laisser une place ici à trois autres modes d'exploration : 1° la ponction exploratrice ; 2° la laparotomie exploratrice ; 3° l’incision vaginale exploratrice. Je ne veux pas y revenir autrement, leur ayant consacré ailleurs un chapitre à part ; cependant je crois devoir insister ici sur l'ordre de leur emploi dans les cas les plus fréquents, c’est-à-dire quand il existe une collection liquide sur la nature de laquelle on n’est pas suffisamment éclairé.
J'ai évidemment sur ce point une idée directrice, je me suis fait un repère de la notion « virulence du liquide collecté ».