EXPOSÉ DU SUJET
Depuis quelques années l’évolution chirurgicale a marché à grands pas. La laparotomie comme traitement direct des affections tubo-ovariennes, après avoir soulevé de violents orages est entrée dans les
mœurs ; elle a régné pendant un temps. Puis une nouvelle opération,
lhystérectomie vaginale ou opération de Péan, est venue à son tour. Très discutée à son apparition, presque rejetée sans examen, elle a comme toute excellente méthode, rencontré de zélés et savants adversaires, mais aussi quelques partisans, un surtout, M. Segond, qui en a fait en quelque sorte une cause personnelle et quia eu l'honneur de lui faire accorder une large place. Aussi, il est aujourd’hui des laparotomistes, et des hystérectomistes ; cela tient certainement à ce que les deux méthodes en présence sont excellentes et donnent l’une et l’autre de brillants résultats. Mais en résulte-t-il que la laparotomie et l’hystérectomie soient deux méthodes rivales ? Est-il nécessaire que l’une succombe devant l’autre ? Nous ne le pensons pas; au contraire, croyons-nous, chacune a ses indications, souvent même très précises.
Notre but dans ce travail, n’est pas de rechercher les indications et
contre-indications de l'intervention chirurgicale dans les affections des trompes et des ovaires englobées dans des termes trop compréhensifs d'ovaro-salpingites, oophoro-salpingites, annexites, ete. Voici le problème que nous nous sommes posé:
Une malade est atteinte d'une affection ovaro-salpingienne ; les moyens de conservation ont été tentés tous sans résullat, la malade réclame une intervention, ou bien la gravité de la situation empêche de temporiser. Quelle doit être la conduite du chirurgien ?
Ce cas est le plus fréquent, celui qu'on retrouve chaque jour au lit des malades, celui qui doit nécessairement inquiéter le plus le praticien qui n’a pu se faire une opinion « de visu », parce que celui-ci reste indécis entre les excellents arguments fournis par les défenseurs de l’une et l’autre méthode.
La solution, nous semble-t-il, doit être recherchée de la manière suivante :
1° Jusqu'à quel point peut-on préciser le diagnostic des affections qui nous occupent?
2° En présence d’un diagnostic précis, a-t-on des indications également précises en faveur de l’une et de l’autre méthode ?
3° Dans les cas où le diagnostic reste indécis, existe-t-il néanmoins de semblables indications.
Dans notre chapitre du diagnostic appliqué, nous établissons qu'il y a des indications de certitude, les unes en faveur de la laparotomie, les autres en faveur de l’hystérectomie. Ces indications de certitude découlent entièrement de l'exploration directe de la malade ; l'étude des voies et moyens de cette exploration, ainsi que ses résultats, précède donc immédiatement le diagnostic appliqué. Nous les avons classés ainsi : vue (spéculum compris), toucher et palper, ponction exploratrice, laparotomie exploratrice.
Mais dans la réalité clinique, il existe d'autres renseignements dont il faut savoir tenir compte dans certains cas, qu'il faut savoir rejeter dans d’autres cas. Les commémoratifs doivent être appréciés de très près, et il est tel d’entre eux qui exige une étude pathologique complète, soit pour recevoir une valeur plus grande, soit pour être diminué ; il en est ainsi du rôle de la blennorrhagie qui mérite d’être accru, tandis que celui de l'état puerpéral doit être sinon amoindri, du
moins modifié ; dans le détail il en est ainsi de l’unilatéralité de l'hématocèle masquant la bilatéralité de la lésion causale.
Cette étude pathologique formerait un volume, s’il ne nous avait été permis de la réduire de deux façons : 1° en étudiant d’un seul coup les symptômes communs ; 2° en traitant d’un seul coup aussi la marche de chacune des affections qui nous occupent.
Chemin faisant, j'ai exposé les difficultés que j’ai rencontrées quand j'ai voulu appuyer sur des statistiques impersonnelles les idées que je défends. Un chapitre accessoire est destiné à éliminer différents procédés d'intervention.