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Dans toutes leurs nuances, les catarrhes utérins sont le fait de la métrite, sous réserve des faits rares mais très réels d’évacuations intermittentes par la voie utérine de collections tubaires. Dans tous les autres cas, le retentissement de l'annexite sur la sécrétion utérine s est borné, autant de fois qu'il m'a été donné de le vérifier, à une légère exagération de l'humidité normale dont le mécanisme est vraisemblablement un état congestif permanent.
Toutes les observations personnelles que je rapporte présentent des renseignements au sujet de ces catarrhes.
Aménorrhée, ménorrhagies et métrorrhagies. — « Les pertes « de sang, dit M. Segond (1), revêtent dans les lésions des annexes « un caractère de fréquence et d’abondance tout particulier. Les « règles reviennent tous les quinze ou vingt jours et durent parfois « jusqu'à huit jours, laissant les malades très affaiblies ».
Cette description explique bien l'emploi indistinct des termes « ménorrhagie » et « métrorrhagie » par les différents auteurs. Mais cette variabilité dans les mots n’est pas le seul point à relever dans le présent chapitre; les opinions sur le fond varient en effet du tout au
tout, et je crois pouvoir présenter ici mes impressions personnelles. Tandis que M. J. Lucas-Championnière insistait à la Société de chirurgie sur l'absence de troubles menstruels au cours des annexites, tandis que M. Bouilly se borne à n'en pas parler, M. Pozzi (2) les considère, avec M. Terrillon (3), comme manquant rarement. Dans le détail, M. Terrillon insiste sur les hémorrhagies rebelles. M. Pozzi sur l'aménorrhée qui alternerait avec les ménorrhagies. D'une façon générale, il m'a semblé que les anuexites ne se compliquaient ni de ménorrhagie, ni de métrorrhagie. En effet, toutes les fois que j'ai pu procéder à Lariboisière comme à Saint-Louis, à un interrogatoire détaillé des malades qui présentaient l’un de ces symptômes, j'ai rencontré cet antécédent commun ; accouchement ou faussecouche ; ceci bien entendu en dehors des néoplasies utérines, fibromes, polypes, cysto-fibromes et cancers.
Il arrive parfois qu'on rencontre une seule ménorrhagie qui termine une période d'aménorrhée plus où moins prolongée, mais tous les
(1) Loc. cit, p. 556.
(2) Loc. cît., p. 666 et 634.
(3) Loc. cit., p. 49.
EL ere
auteurs sont d'accord sur l'interprétation de ces faits dès que la femme n’est pas vierge.
Quoi qu'il en soit, j'ai pu classer les quelques observations personnelles qu'on trouvera plus loin en deux séries : les malades n’ont pas eu d’hémorrhagie dans les n°° 1, 2, 6, 10 et 12; les malades ont eu des hémorrhagies attribuables à une ou plusieurs grossesses antérieures menées plus ou moins loin dans les n° 3, 7, 8, 13, 14, 15. Toutes les fois que le curettage a été tenté, il a amené la disparition du sypmtôme.
Il est bien entendu que cette explication ne s'étend pas à l’aménorrhée qui est vraisemblablement fonction des lésions avancées de l'ovaire, quoique nous ne puissions fournir de statistique à ce sujet.
Les observations 1 à 15 tendent cependant à établir que ce n’est pas là un symptôme fréquent des annexites, puisque j'ai pu noter expressément son absence.
Il semble cependant que la métrorrhagie soit un symptôme constant des ovarites des maladies infectieuses générales.
La dysménorrhée elle-même appartient-elle au tableau symptomatique des annexites ? Si on prend soin d’écarter les recrudescences de la douleur préexistante, véritables poussées inflammatoires aiguës qui coïncident avec le molimen cataménial, mais sont liées à la congestion péri-utérine et non à l'écoulement sanguin, qui ne constituent en aucune façon la colique utérine, on pourra considérer que la dysménorrhée fonction des atrésies et des déviations utérines, n'est pas fonction des lésions annexielles.
ConcLusron. — Les écoulements utérins, non plus que les troubles. des règles ne paraissent pas liés aux lésions des annexes, mais bien à quelque complication.
$ 5. — Poussées aiguës.
Ce syndrome appartient le plus souvent, mais non toujours, aux lésions inflammatoires des annexes et les auteurs ne sont pas loin d'être d'accord sur sa signification anatomique constante, lésions inflammatoires du péritoine pelvien. }
Voici la description sommaire du phénomène clinique, soit à l’occa-
sion d’une fatigue exagerée, d'un effort, d’une secousse, soit après un
accouchement, un avortement, une exploration ou une intervention
chirurgicale, après un seul coït ou après un excès de rapports sexuels,
soit à l’époque de ses règles, soit sans cause appréciable, la femme
est prise d’une douleur vive dans le bas-ventre, avec malaise général,
avec ou sans frisson plus ou moins intense ; l'élévation de la tempé- -rature, quand elle existe, ne dépasse pas 1 1/2 ou 2 degrés.
Les moindres mouvements deviennent douloureux, la malade est forcée de s’aliter ; la face se tire, les yeux s’encavent ; il s'établit un état nauséeux et souvent il survient des Yomissements verdâtres. Le plus léger attouchement de l'abdomen arrache des cris douloureux, la malade ne cesse de se plaindre. L'impossibilité absolue d'examiner la région malade, autant parfois que le manque de renseignements. rendent le diagnostic fort délicat.
La moindre erreur consistera à dire péritonite; je dis la moindre parce qu'il s'agit en réalité de l’inflammation du péritoine.
Dans les cas les plus graves, la péritonite se généralisera, et bientôt la malade succombera : c’est ce qui se passe à la suite de l’accouche-
ment, ou de l’avortement dans la forme péritonitique de la fièvre puerpérale, que l'infection soit d'origine actuelle, malpropreté des accoucheurs ou des choses qui servent aux accouchées, ou bien que l'accouchement soit seulement la cause occasionnelle de l’irruption d'une petite quantité de liquide septique préexistant dans le péritoine ; la première cause tend à disparaître, et avec elle Les autres formes de la fièvre puerpérale proprement dite : infection de l'utérus qui gagne les ligaments larges par les lymphatiques ou les veines, septiceimie et pyohémie.
Dans les cas les plus bénins, il s’agit de la péri-métro-salpingite séreuse de M. Pozzi, péri-salpingite et péri-ovarite de Delbet, qui aboutit momentanément à la formation de quelques noyaux d’œdème inflammatoire ; qui semblera guérir en quelques jours mais qui laisse derrière elle des adhérences variables avec toutes leurs conséquences, variables elles aussi: obstacle à l’évolution des vésicules de Graaf, si elles enserrent l'ovaire (Delbet), ces adhérences selon leur localisation, la septicité de la région, et d’autres causes peut-être, deviendront l'ori gine de suppurations ovariennes, d’ovarites corticales (Cornil et Terrillon), de scléroses de l'ovaire, et particulièremeut de sa dégéné-