DE QUELQUES LÉSIONS TROUVÉES A L'INTERVENTION
L’utérus rétrofléchi est généralement un peu gros, surtout au niveau de sa face postérieure, gorgé de sang, mais pâle.
Il est plus ou moins ballant, toutefois des adhérences peuvent exister entre la région isthmique et le rectum ; 1l importe de les détruire soigneusement.
Les pédicules vasculaires de l’utérus sont fréquemment tortueux, augmentés de volume, réalisant le varicocèle pelvien.
Un certain degré de prolapsus ovarien accompagne presque toujours la rétrodéviation. La situation postérieure d’une annexe, basculée dans le cavum rétro-utérin, peut d’ailleurs être parfois perçue au toucher vaginal ; c’est une cause de douleurs qu’il faut supprimer par une reposition antérieure de l’ovaire prolabé.
Les annexes seront examinées de très près. On recherchera l’amorce d’une torsion tubaire. Si l’on reconnaît la nécessité d’une résection partielle des annexes, il sera utile, avant d'y procéder de rechercher la perméabilité de la trompe par cathétérisme du pavillon ; si elle est intacte, le traitement sera le plus conservateur possible : si elle est
supprimée on pratiquera une salpingectomie. Dans d’autres
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cas, la destruction d’adhérences péri-salpingiennes, la néosalpingostomie seront un complément utile de l’intervention.
La présence de kystes hématiques folliculaires ou du corps Jaune, l’ovarite scléro-kystique seront justiciables d’une ovariectomie toujours préférable à l’ignipuncture (récidives possibles).
Cet utérus incarcéré, presque lové dans le Douglas est, par une traction plus ou moins forte, dégagé plus ou moins facilement ; au moment de son dégagement de l’arrièrefond du cul-de-sac, on entend un bruit hydro-aérique, aspiratif, analogue au débouchement d’une bouteille ; le culde-sac de Douglas est alors examiné ; chez ces malades, il est souvent très profond, pouvant atteindre le périnée. Après avoir évalué sa profondeur, on peut apprécier sa sensibilité (réflexe mis en valeur par Richelot et Albertin). Presque toujours l’arrière-fond contient une sérosité hématique, due à l’hyperhémie utérine.
Ces malades sont souvent des femmes maigres, mais il faut bien savoir que la flaccidité pariétale n’est pas une contre-indication à la ligamentopexie, car la fixation se fait dans la partie sus-pubienne des droits qui est toujours relativement bonne. Dans la quinzaine suivant l’intervention, on pourra suivre la diminution de volume du corps utérin, sa mobilité, son degré d’antéversion qui doit être léger, le cul-de-sac postérieur qui doit rester vide, profond et indolent. Mais, fait important, le col ne reprend qu’au
bout de plusieurs mois sa situation normale.