INCIDENTS ET COMPLICATIONS SUITES OPÉRATOIRES
Les complications survenues au cours ou à la suite d’une ligamentopexie par le procédé de Doléris n'existent pas. Celles qui ont été signalées relèvent toutes d’une faute de technique ou d’une indication posée à la légère.
La possibilité d’un hématome, résultant de la traversée du muscle droit n’existe pas si l’on a soin de placer après l'intervention, un bourdonnet.
La blessure de l’épigastrique nécessite en raison des caractères anatomiques de cette artère la ligature des deux bouts.
On a reproché au Doléris de constituer deux piliers latéraux entre lesquels peut se former un étranglement interne ; mais si on attire suffisamment le ligament rond, la face antérieure de l’utérus est plaquée contre la paroi et il n'existe plus aucun risque d’ocelusion post-opératoire immédiat ou secondaire.
Dans une observation de G. Michel une anse grêle fut entraînée avec le ligament rond et incarcérée dans la paroi. Elle fut cause d’une occlusion intestinale ayant nécessité la fistulisation.
Une hernie a pu se créer un trajet au niveau du tunnel
destiné au passage du ligament rond. Aussi, est-il recom-
Die
mandé de créer un orifice étroit et circulaire dans lequel le ligament rond viendra passer de justesse et, si besoin, de le rétrécir à la fin de l'intervention.
Beaucoup plus intéressantes sont les incarcérations pariétales de la trompe ; ce sont parmi les complications, celles le plus souvent signalées. Elles sont d'autant plus à redouter que le méso-salpinx est plus court : la traction du ligament rond, vers la ligne médiane entraîne le ligament large et détermine la coudure de la trompe. Ces coudures sont le plus souvent latentes et peuvent être la cause d’une stérilité inexpliquée ou l’échec fonctionnel d’une ligamentopexie pratiquée en vue de faciliter la fécondation chez la femme jusque-là stérile.
À ce sujet, le hpiodol serait susceptible de fournir chez ces opérées des indications d'autant plus intéressantes qu’il serait facile de réparer cet accident.
Pour éviter l'entraînement de la trompe dans la paroi, derrière le ligament rond, il ne faut pas saisir le ligament rond au voisinage de la corne, mais en dehors, là où la trompe est éloignée du ligament rond ; si par suite de la brièveté du méso, elle se coude, 1l faut alors reporter encore plus en dehors la prise du ligament rond ; ou bien encore, inciser le péritoine entre la trompe et le ligament, et séparer les deux organes. Dans tous les cas, avant de suturer le plan péritonéal, il faudra toujours vérifier le retentissement de la traction ligamentaire sur la trompe et s’assurer qu’elle n’est ni incluse ni coudée et qu’elle reste libre et flottante.
Ces incarcérations se sont parfois manifestées ultérieure-
ment par un pyosalpinx intersticiel ou une salpingite sous-
pariétale.
PTE
Dans une observation d’Auvray, trois mois après une ligamentopexie, on constate une tuméfaction sus-pubienne gauche, répondant à une salpingite pariétale. Des cas analogues ont été rapportés par Caraven, De Martel. Une malade dont l’histoire est rapportée par Müller (Zentrbl. für Gyn., 1925, n° 35), présente deux ans après une fixation, un abcès dans la partie inférieure de la cicatrice qui se fistulise et donne lieu à un écoulement sanguin mentruel. Un cas de Leuret est analogue et une fistule pariétale donnait des hémorragies au moment des règles.
Ces cas de tubo-pexie et de tubo-plicature semblent bien relever d’une faute de technique et ce sont eux surtout qui ont permus de parler de déligamentopexie.
Il faut enfin signaler les cas d’avortement à répétition après ligamentopexie, mais, exceptionnels, eux aussi, résultent le plus souvent d’une faute opératoire.
Après l'intervention, les suites opératoires sont simples. Toutefois les mictions fréquentes et inversement la rétention d'urine sont couramment observées, mais ces troubles
passagers disparaissent en quelques jours.