Jd., 1. Theil. Vorrede
124. Joh. Bal. Semler, Vertheidigung des Kônigl. Edikts vont 9. Juli f788 wider die freimuthigen Betrachtungen eines Ungenannten. — Réponse à un « Candirlatus Minlsterli » au sujet de l'Edit Royal : Eln Wort an aile Studiosos Theologiae. Halle, 1788, p. 41.
l'étatisme, ou la discipline en face de la vérité 221
constamment jugé de la sorte, sans ignorer que certains, dans nn étrange sentiment de la liberté, voulaient se dérober vraiment à toutes les barrières, par lesquelles une société réelle se distingue d'une société iitopiquc i"^^. » A cet égard, le libéral Semler, orthodoxe pour l'enseignement public, s'est institué le défenseur de l'édit de religion, selon le principe de la duplicité... Un adversaire a prétendu que l'Etat oblige à « croire par ordre ». Semler se récrie : « Qui donc exige cela des sujets prussiens ? » L'autorité civile ne prescrit à personne « la croyance » : il s'agit uniquement de ce que l'homme doit être publiquement et extérieurement ^'^^. — SeiJer, exposant d'après Semler cette singulière orthodoxie d'Etat, qui se flatte d'un libéralisme intérieur que la duplicité sauvegarde, écrit avec précision : « Ce n'est pas ici un ordre qui commande à tous les sujets d'avoir pour eux-mêmes une seule et même foi: mais c'est un édit qui défend que les Eglises publiques ne soient ébranlées par des particuliers mésusant de la liberté de conscience, au détriment de VEtnt : et ceci est une affaire de police 127 j,
Xous l'avions annoncé : devant les « besoins d'Etat », pour de tels esprits, il n'est point de parti ni d'opinion qui vaille. L'Etat commande. Les dogmes religieux doivent être maintenus pour le peuple : l'orthodoxe Rônnberg signale complaisamment qu'il est d'accord avec Semler, « ce théologien à l'esprit indépendant ^-^ ». Leur commun système avait reçu dans l'Edit une confirmation solennelle.