‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 106 sur 210 · RÔNXBERG, Op. cit., p · texte numérisé non relu

RÔNXBERG, Op. cit., p

Nous ne rapprocherons de cet exposé que l'opinion de madame de Staël : elle voyait les Allemands « beaucoup plus susceptibles de s'enflammer pour les pensées abstraites que pour les intérêts de la vie '^^ »...

La réalité est tout autre. L'Etatisme est inauguré. Il est issu d'une crise intellectuelle, aussi lui-même se donne-t-il le lustre d'un système de l'esprit. Il consiste en l'apologie raisonnée d'un tbème aussi général que l'irréligion du siècle : l'idée de l'imposture, d'une dissimulation politique, dans les questions d'enseignement religieux. Les historiensphilosophes, séduits par cette hypothèse bien « humaine », qui rabaissait le divin ministère au niveau d'un naturel calcul, raillaient les « pontifes » imposteurs, alliés traditionnels des princes. Soudain l'Allemagne, atteinte d'une même irréligion, mais désireuse de sauver les croyances pour sauver l'Etat, innove une moderne duplicité, comme la formule de sa réaction.

En ce système, l'esprit du siècle et la volonté de r Allemagne sont réunis une première fois. Le thème d'une secrète conviction ou double conscieiice qu'auraient dissimulée les prêtres et philosophes de l'antiquité, ce thème a servi tour à tour l'apologétique chrétienne, l'anticléricalisme du siècle et la francmaçonnerie 1^6, enfin les apologistes du système prussien. Ici, la duplicité utilitaire soutient une reKgion d'Etat. Elle invoque simultanément l'universel témoignage de l'Histoire, et les origines particulières du protestantisme. — En face du peuple, la classe « éclairée », initiée aux besoins d'Etat,

145. Mme dk stakl, Dc l'AlLemayïte, Paris, Charpentier, 1841, p. 30.

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