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H. Id., p. 56.
LA GENÈSE d'uNE VÉRITÉ (( PRATIQUE » 233
et inquiète, souffre du savoir historique qui la conduit à l'incrédulité. Lessing, orgueilleux adepte de la philosophie des « lumières », écrit pourtant en 1TT8, avec amertume : « Quand cessera-t-on de vouloir suspendre au fil d'une araignée l'éternité tout entière ? — Xon ! Le dogmatisme scolastique n'a jamais causé à la religion d'aussi profondes blessures que l'Exégèse historique le fait maintenant' chaque jour... Certes, s'il en est ainsi, où demeurent toutes les preuves historiques de la vérité de la religion clirétienne ? — Où elles voudront ^ I » Comme si l'expérience avait dupé l'ambition du rationalisme, il s'insurge contre cette instable connaissance : « Xous croyons tous », par exemple, « qu'il a existé un Alexandre qui. en peu de temps, a subjugué presque toute l'Asie. Mais qui voudrait, sur la foi de cette opinion, risquer quelque chose de durable et de grande importance, dont la perte serait irréparable ? » Lessing ne veut pas que les idées « métaphysiques et morales » aient à subir la leçon de l'expérience : elles sont d'une « vérité » tout autre ^^.
Dès lors, les dogmes fondamentaux de la religion, sa révélation merveilleuse, l'inspiration surnaturelle de la Bible, miracles de l'histoire, ce n'est plus l'Histoire qui les atteste : « Des vérités historiques accidentelles ne peuvent jamais devenir la preuve de vérités rationnelles nécessaires^^ ». Cette singulière autorité « rationnelle » que Lessing déjà soustrait à la tutelle de l'expérience, finit par im-
9. Lessing, Eine Duplih (dirigée contre le Surintendant Ress). Braunschweig, 1778. — Lessiny's Werke, 16. TheU. Theologische Schrilten. Hrsgg von Christian Gross. Berlin, Gustav Hempel, p. 34.
10. Lessixg, Ueber den Beweis des Geistes und der Kraft. 1777. — Lessing, éd. cit., 16. Tlieil, p. 12-13.