‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 118 sur 210 · LA GENESE DUNE VERITE <( PRATIQUE » 2U · texte numérisé non relu

LA GENESE DUNE VERITE <( PRATIQUE » 2U

plus disposé à écarter tout malentendu »; alors, conclut-il, c'est un devoir que de répandre avec sagesse « ce qui fut trouvé par nous ou par d'autres »... Le sommaire, en tête du premier ■\ olume, annonce ainsi ce développement : « Sage utilisation du nouveau » ; il s'agit de la religion (( pratique ». — En 1793, le livre de Snell 39 sur la « Morale populaire » est destiné « aux pasteurs » : et il s'inspire expressément des « principes kantiens ». Il soutient la religion par le motif d'une discipline morale, qui à son tour y trouve son compte.

Le Philosophe ne croit que « pratiquement »,

mais le système maintient pour le peuple les fictions

de l'ancienne Religion « théorique ».

A vrai dire, la religion n'est restaurée que « pratiquement », pour les besoins de la morale. Ceci nous explique les longues hésitations des pasteurs, devant « la nouvelle découverte », qu'ils finirent d'ailleurs par apprécier ^^. On disait que Kant n'admettait plus la Eévélation et le christianisme que pour leur utilité, à cause des esprits « faibles ». Pourquoi le nier ? Stàudlin ^i lui en fait gloire. Soutenir la morale aux yeux des « faibles », n'est-ce pas un puissant argument pour réhabiliter le miracle ? Car les « faibles », chez qui la vertu a besoin de soutien, ne sont-ils point l'humanité ? « Il y en a beaucoup, ils sont innombrables... Ce n'est donc pas une futilité que de montrer philosophiquement que

30. J. p. L. Snell, Critik der VoUismoral fiir prediger, riach Kantischen Grundsatzen bearbeitet. Frankfurt und Leipzig, 1793.

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