‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 122 sur 210 · KANT, on. Cit., id., p. 10. en note · texte numérisé non relu

KANT, on. Cit., id., p. 10. en note

62. De la sorte, le philosophe ne dit pas que l'enseignement de la religion révélée est un mensonge utile, puisqu'elle redevient une « vérité » pratique; en ce sens, Schelling dénonce et réprouve la détestable théorie de 1' « Imposture » r fiction commode, faut-il alléguer plutôt, moyen d'éducation, « vérité » d'espèce pratique... « L'idée de Révélation », dit en effet Schelling, « si elle n'a plus sa place dans un système du savoir, trouvera par contre une place assurée dans la méthodologie de l'enseignement populaire » (Schelling, éd. cit., 1. Abt., 1. Bd. Ueber Offenbarung und VoUisu/iterricht, p. 474-482). De même pour Hegel la religion, si elle n'est pas vraie par elle-même, sert de « véhicule » aux vérités de la Philosophie.

63. K.ANT, Der Streit der FacuUdten, 1798. — Kant, éd. cit., 1. Abt., 7. Bd , p. 60, en note.

LA GENÈSE d'UNE VERITE (( PRATIQUE » 249

tranquillité sociale ^^ ». ^lais intérieurement, dans la conscience du pliilosoplie, quelle n'était pas la majesté éminente de cette Morale qui naissait de lui-même, ranimait les croj'ances, l'au-delà, et jusqu'aux miracles !

Pour Kant, écrit EosenmùUer ^^ à cette époque, la morale n'a besoin « nullement de la religion, mais au contraire, en vertu de la pure Eaison pratique, elle se contente d'elle-même. Mais elle conduit inévitablement à la religion ». En effet, la religion et son appareil « révélé », n'est-ce pas la condition de l'enseignement populaire et, par suite, la nécessaire exigence du pliilosoplie ? Et est-elle autre chose ? En vérité, nous ne sortons pas de la Eaison « pratique ». — Les prétendues interventions du Ciel sont sujettes à ce contrôle innové : « aucune Eévélation ^^ — si nombreuses que puissent être les prophéties réalisées, les miracles allégués pour sa confirmation — , ne peut être admise comme divine par des penseurs, si ses lois ne concordent pas avec les lois de notre Eaison ». Celle-ci révise les ordres du Très-Haut, et se les subordonne : « la volonté de Dicv, ou le principe : fais ce que Dieu commande ! ne peut pas être loi fondamentale de la Morale »; c'est S"* dans le champ de la raison « pratique » qu'on trouve les motifs capables de fortifier les vérités religieuses, pour lesquelles il n'est pas d'autres preuves. — - Eéduite à elle-même, l'ancienne religion n'est plus qu'un m^-the ; un pragmatisme s'élabore.

64. Kant, Der Streit der Facultdten, 179S, éd. cit.. l. Abt., 7. Bd., p. 65.

65. D. Johann Georg Rosenmuller, Einige Bemerhungtn das Studinm der Théologie betreffend. Nebst einer Abhandlung ùber einige Aeusserungen des H. Prof. Kant, die Auslegung der Bibel betreffend. Erlangen, 1794, p. 7-2-73.

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