‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 123 sur 210 · Id , p · texte numérisé non relu

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sorte de créateur philosophique de la « vérité » des croj-ances... Il est au-dessus de l'Histoire, et Dieu lui est soumis.

Si la Philosophie décrète ou postule, ce n'est pas seulement pour porter secours à la religion « théorique » ou populaire : sa forme a intérieure » ou suprême, cette religion « pratique » que se réservent les initiés, est le mirage nécessaire à leur propre conscience. Moralement, ils l'exigent : elle est le complément de leur Discipline.

Aussi Kant attribuait-il à « l'homme juste » le droit de dire : « Je veux qu'il y ait un Dieu », et que mon existence dépasse l'enchaînement de la nature, que « ma durée soit sans fin » ; « j'y tiens, et je ne me laisse point ôter cette croyance ; car ceci est l'unique chose où mon Intérêt - — parce que je ?}'en pins rien rabattre — détermine inévitablement mon jugement, sans se soucier de sophismes, et quelle que soit mon incapacité à y répondre ou à leur opposer des raisons plus spécieuses ^^ ». L'éternité de Tâme et sa surnaturelle félicité complètent en effet l'organisation du système. Elles n'ont plus que cette raison d'être : le besoin « pratique » de l'être moral, qui se décerne l'immortalité! Dans le dur labeur d'une rigide obéissance, la volonté ressent une céleste vocation. L'orgueil mystique de commander à l'Au-delà fait croire à quelque Eden consolateur, dûment conquis par le droit divin de la discipline ^^.

Que faut-il donc entendre par l'Au-delà ? — le mirage d'une volonté. Les commandements divins sont ™ les « lois que toute volonté libre se donne à

68. Kant, Kritik der prahtischen Vernnnft, 1188.— Kant, éd. cit., 1. Abt , 5. Pd.. p. U3.

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