Cf. ci-des.sus, chap. V
70. Kant, Kritth der prahtischen Vernunft..., éd. cit., p. 129.
LA GENÈSE d'uXE VÉRITÉ « PRATIQUE )) 251
elle-iuême ; mais qui, néanmoins, doivent être considérées comme les commandements de l'Etre suprême » . « Xous sommes ''^ sous une discipline de la Eaison, et, dans nos maximes, nous ne devons pas oublier la subordination qui lui est due : nous ne devons rien lui dérober, ni léser l'autorité de la Loi - — bien qu'elle émane de notre propre Raison ». — Cette discipline pour la discipline, chimérique et inhumaine, est humaine pourtant, orgueilleusement humaine ; car « la contrainte » "^ que le philosophe s'impose « est exercée simplement par la législation de sa propre Raison »; et dès lors, ne se paye-t-elle point d'une joie céleste ? La « raison » n'obéissant qu'à elle-même, lisons-nous ~^, se sent exaltée. La joie mj'stique de cette « raison » extasiée en sa propre « loi » fera dire à Hegel ~'^ que « l'activité rationnelle et la jouissance suprême ne font qu'un, dans la suprême existence... La suprême félicité est l'Idée suprême ».
Le pacte moral avec la Discipline :
Obéir sans condition mais alors Félicité certaine.
Renouveau d'Etatisme.
Certes, la Discipline commande le pur respect de la loi pour elle-même : tel est le principe, la perfection mystique, idéale ; et pourtant l'humaine faiblesse réclame pâture pour ses désirs. La législation morale a ce double souci : mystique et pratique, elle sera forte doublement. D'une part, les