‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 130 sur 210 · Id., p · texte numérisé non relu

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limiter ta liberté. Efïorce-toi, par suite, pour devenir un être en soi-même, d'être absolument libre; efforce-toi de soumettre toute puissance hétéronome à ton autonomie, efforce-toi d'élarg'ir ta liberté, par liberté, jusqu'à une puissance absolue, que rien ne puisse limiter. Cette Loi est inconditionnelle, parce qu'elle exig-e quelque chose d'inconditionnel... Mon effort ne doit se laisser déterminer par aucune loi étrangère, et inversement tout ce qui est opposé à mon effort doit être déterminé uniquement par mon effort... Je règne sur le monde des objets, en lui aussi aucune autre causalité ne se révèle que la mienne. Je me proclame maître de la Nature, et j'exige qu'elle soit déterminée par la loi de ma volonté ^^. . . »

En résumé, ce mouvement philosophique, provoqué par la crise religieuse du XYIIP siècle, apporte à l'Allemagne autoritaire et violente, mais inquiète du déclin des croyances, les sophismes qui la régénèrent : au nom de l'exigence « pratique », la religion traditionnelle est restaurée pour le peuple; et, d'aulre part, une croyance nouvelle, surgissant pour l'élite « éclairée », arme les consciences d'une céleste discipline; enfin, le délire mj'stique ^^^ des grandeurs hante ces esprits déformés.

100. SCHELLiNG, ^6116 DcdukUon des Naturrechts. 1795; id., p. 247-249.

101. Un , adversaire de Fichtc représente ce professeur démontrant à ses étudiants diéna « qu'ils se suffisent à eux-mêmes », qu'ils sont « des dieux >', et les auditeurs s'écriant : « tu es notre Dieu ! » (Cf. Ueber des Herrn Prof. Fichte Appellation an das Publikum... Fichte, éd. cit., 5. Bd., p. 329-330). — On a pu s'en inquiéter au nom des croyances admises et nécessaires : mais, en vérité, la religion et l'Etatisme n'étaient nullement sapés : Us

LA GENÈSE d'uNE VERITE (( PRATIQUE )) 261

Leur besogne n'est pas finie. Il ne sulïit pas à TAUemagne de dire, avec ses théologiens et ses pliilosoplies, ce qu'elle veut pour le présent. Au XYIII® siècle, des rêves sont nés. Un Idéalisme moderne, issu des études historiques, et hanté de visions chrétiennes, prend l'humanité à témoin de ses a vérités » ou de ses espérances. L'Allemagne reste mêlée à cette vaste aventure intellectuelle, qui domine encore la conscience de notre époque. Mais elle n'en va tirer qu'une ambition bien allemande, le rêve de sa volonté : un « Germanisme ».

renaissaient. Dans cette crise, l'agitation des théories n'a pas interrompu la besogne pratique. Kant ne détruit pas : 11 apporte un fondement nouveau: aussi, malgré la défiance première, les pasteurs-philosophes s'inspirèrent de son système. Quant au « dieu » Fichte, ce digne précurseur du « surhomme » panger maniste de nos jours, artisan passionné de l'Etatisme et ensuite aussi du Germanisme, il pouvait « défendre sa cause avec le plus haut avantage même devant les hommes d'Etat qui ne se soucient ni de religion ni de science »; cf. ci-dessus, chap. VI.

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