‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 138 sur 210 · Cf. chap. I et III · texte numérisé non relu

Cf. chap. I et III

A LA RECHERCHE d'uN IDÉALISME 273

primitif état de « nature »; pays nouveaux, état de (f nature » perpétué — : tous ces rêves ne formaient qu'un rêve, un commun « âg'e d'or ». Et, puisqu'en revenant à l'origine des temps on évoquait la sag-esse, n'était-ce point sagesse encore, que 1' « innocence » des peuples rencontrés hors de l'Europe, en de récents voyages ? X'y avait-il pas cliez eux des « Ingénus » pleins d'esprit, en même temps que de vénérables solitaires ? L'état de « nature » offrait, confondues, les images d'une antique spgesse et d'une admirable candeur, l'une et l'autre instructives pour la misérable Europe. Tel était le produit commun des découvertes et des études sur l'antique histoire : état de nature recherché jusqu'à l'antique âge d'or, vieillesse et jeunesse tout ensemble !

Montaigne déjà, à propos des sauvages d'Amérique, évoquait l'âge d'or des légendes ^3. Avec une sentimentalité religieuse, on admire en la Nature une bienfaisante providence, qui réunit l'homme et les choses dans le développement harmonieux d'une pure vertu. Au début du XYIII^ siècle, le roman de « Robinson Crusoë » évoque à la fois les pays audelà des mers, la vie de « nature » et l'adoration spontanée de l'Etre suprême. De même, l'idylle de Paul et Virginie, dans le sauvage et merveilleux décor d'une contrée lointaine, sera pour Bernardin de Saint-Pierre l'image vivante du paradis terrestre, avec deux jouvenceaux semblables, dit-il, au couple humain de la légende sacrée : c'est que l'apologétique chrétienne a mêlé son merveilleux à celui de l'Histoire. — Or, dans cette « nature » glorifiée, on cherchait une divine leçon. Voltaire prônera ces « lois que la nature a promulguées du fond des îles

13 et. ci-dessus..

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