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(lu Japon aux rivages de notre Occident d^^. — Court de Gébelin, en 1773, admire « VOrdrc naturel établi par le Créateur lui-même entre l'homme et l'univers, et au moyen duquel l'homme, considérant ce qui est autour de lui, connaît à l'instant la route qu'il doit tenir pour tendre à sa perfection et à son bonheur "^^ ». — Et Rousseau ne prêche aux hommes, pour toute religion, que le conseil de l'inspiration spontanée : « Toyez le spectacle de la nature, écoutez la voix intérieure '^^ ». Court de Gébelin invoque l'exemple du « Monde primitif » : Rousseau en appelle à tous les peuples. Cette vision nous remémore le rêve des apologistes chrétiens, antérieurs ou de la même époque, qui voyaient répandue dans l'univers la saine notion d'une « religion naturelle 2"^ ». Enfin, comme chez eux, cette « religion naturelle » concorde ici aussi avec les véritables « lumières de la raison ».
Mais voici que ces « lumières » de la ]Vature ou de la Raison, invoquées par les apologistes, se retournent maintenant contre le christianisme qu'ils croyaient défendre : les vanter, n'est-ce pas assez dire que les hommes parviennent à Dieu, ou aux vérités divines, sans le secours d'aucune Révélation ? Voltaire^ s'écrie : « ]!si Orphée, ni Hermès, ni Minos, ni Lycurgue, ni Xuma n'avaient besoin que Jupiter vint au bruit du tonnerre annoncer des vérités gravées dans tous les cœurs ». Selon Rousseau ^^^ de même, le secours de la Révélation
24. La Philosophie de L'Histoire, par feu l'abbé Bazin (Voltaire). A Utrecht, 1765, p. 274.
25. Court de Gébelin, Monde primitif..., t. ler. paiis, 1773, p. 80.
26. ROUSSEAU, Emile. Profession de Foi du Vicaire Savoyard. Œuvres complète.s, t. II. Paris, Hachette, 1908, p. 267.