‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 141 sur 210 · Cf. ci-des.sus, chap. I · texte numérisé non relu

Cf. ci-des.sus, chap. I

34. Œuvres complètes de Voltaire, de l'Imprimerie de la Société littéraire typographique, t. XLIII, 1784. — Dictionnaire philosophiiine, articles ■< Théisme » et « Tliéiste », p. 323

35. Voltaire, op. cit., t. XXXI, Eléments de la Philosophie de Newton, p. 55.

A LA RECHERCHE D UX IDEALISME 2 1 i

sers; c'est celui qui dit au Turc, au Chinois, à l'Indien et au Russe : je vous aime ». Le théiste « parle une langue que tous les peuples entendent, pendant qu'ils ne s'entendent pas entr'eux. 11 a des frères depuis Pékin jusqu'à Cayenne, et il compte tous les sages pour ses frères ». Universelle et naturelle, une pareille religion s'appelle humanitaire : « sans l'humanité, vertu qui comprend toutes les vertus, on ne mériterait guère le nom de philosophe ».

Le nouvel Evangile, ainsi défini, est inséparable de l'idéal maçonnique. Celui-ci, formé à l'école des apologistes et des historiens ^6, propose en effet au XYIIP siècle une synthèse des religions et un rêve humanitaire, avec l'évocation d'un Eden primitif. — On peut dire que les réunions des Loges, déclare un franc-maçon, sont semblables au premier âge d'or de la Fable : car chacun y retrouve ses droits, respire la vraie liberté et, dégagé des soucis de ce monde, en compagnie de Erères égaux, dans une atmosphère de joie céleste, ressent pour la première fois le bonheur d'être « un homme » ^'''. — La francmaçonnerie, lisons-nous ailleurs, doit développer les vertus du « citoyen de l'univers ^ ». — Par exemple, dans la « Eamille des Giblim ou fils des francs-maçons » — degré préparatoire à l'Ordre proprement dit — , on posait aux Giblim des questions dignes de l'époque, entre autres celle-ci : « depuis notre dernière réunion, s'est-il passé, parmi les habitants de notre Etat, quelque chose qui fasse honneur à l'humanité 3? ? »

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