Cf. ci-dessus, chap. III
43. Rousseau, Emile. Œuvres complètes, t. II. Paris. Hachette. 1908, p. 267.
44. Mirabeau, Mémoires Biographiques, Littéraires et Politiques..., t. II. Paris. 1834. — Mémoire concernant une association intime à établir dans l'Ordre des Francs-Maçons..., 1776, p. 216.
despotisme et ses conséquences qui forment un des grands fléaux de l'humanité ; et le second grand pivot de rassociation devrait être la correction du système présent des gouvernements et des législations... Ce projet n'est pas chimérique. On sent pourtant combien cette dernière et sublime partie de l'association devrait être tenue secrète, et ne se découvrir qu'à des personnes sûres ; mais aussi les fruits en sont magnifiques, dignes de tous les soins de l'Ordre, dignes de lui ^^ ». — Le passé tendait la main au présent: avec une gravité souriante, il désignait l'avenir : il y avait deux âges d'or — l'un d'où venait l'humanité, l'autre où elle tendait. Elle allait paraître, l'aurore de cette idylle d'avenir, union des peuples dans une nouvelle jeunesse, conforme à quelque providentielle destinée et à la vocation inscrite au cœur des anciens hommes. Pour les Romantiques allemands, c'est l'Etat mystique qui s'ébauche, universelle communauté des âmes. Pour le citoyen de Genève, communauté encore, déisme et « nature », humanité régénérée, mysticisme social. Seulement, Rousseau n'a pas reçu l'éducation du Kantisme;. il respire la Liberté, et y aspire bien davantage : la République idéale, il la veut d'une violence de révolution. Et quel espoir d'âge d'or, de rédemption et de vertu, dans ces rêves de la fin du siècle qui se croiront réalité soudain!... Alors, la Révolution elle-même : Manon Phlipon et la République «r athénienne », les vertus antiques de Robespierre « l'Incorruptible », la fraternité des peuples, la conquête du monde — même jjar les armes — aux idées nouvelles, l'expansion révolutionnaire. Toujours l'âge d'or!