Id., p
s'opposent un pessimisme réaliste — et l'apparition surnaturelle du Bien au prix de la Discipline.
Jean-Adolplie Dori, dans un « essai » sur « le bien suprême et son association avec l'Etat », en 1798, écrit : « L'Etat existe — cette formule ne veut dire qu'une chose : c'est le règne de la volonté bonne; car la domination continuelle de la volonté mauvaise supprime l'Etat^ ». Le philosophe Schelling, halluciné par la même crainte de Satan, dira que l'essence du Mal « est en possession de l'homme, avant même que celui-ci le soupçonne ou le sache... Cet esprit est l'instigateur perpétuel et le moteur de la vie humaine, le principe dont l'absence causerait l'engourdissement du monde, l'enlisement et l'arrêt de l'histoire. Ceci est à proprement parler l'Idée philosophique de Satan ». L'élément mauvais, dit encore Schelling, est le « nécessaire principium movens de toute l'histoire ^^^ ».
Nous avons vu que les réactionnaires étatistes opposaient un amer réalisme à la confiance bénévole des apôtres de la Révolution i^^. Les Encyclopédistes en France, disait l'Etatiste Eeche, ont péché par un injuste optimisme. La forte discipline, même au prix de l'erreur, n'est-elle point seule capable d'assurer le bien ^^^ p ainsi l'autorité religieuse est salutaire : « le vrai philosophe, qui connaît la nature de l'homme par expérience », comprend que la religion est « le plus ferme lien de l'Etat, l'unique
99. Joh. Adolf DoRi, Uehcr das hôchste Gut und deasen Vcr- Mndung mit dem Staate. Ein Versuch. Leipzig, 1798, p. 212.
100. F. W. .J. VON Schelling, Sâmmtliche Werke, 2. Abt., 4. Bd. Philosophie der Offenbariing . Stuttgart und Augsburg, 1858, p. 270-