SCHELLTNG, op fit., p
inimitable, qui révèlent les vrais évangiles, les véritables inspirations ^^^ » .
Dans ce système, il n'est pas d'autre centre, en vérité, que le moi. Par une ambition anormale, il se flatte d'être plus qu'il n'est, tout en restant luimême. C'est le principe de la Magie. Or, une telle bj'pertropliie mystique est précisément le destin du Germanisme naissant, à la fin du XYIII*' siècle. Une liaison o pratique » impose au rêve et à la pensée une activité conforme à ses besoins : le Œ Moi » de cette pliilosopliie croit enfermer tout ensemble la « science » et le divin ^^^. Aussi son « Idéalisme » ne tarde-t-il pas, avec Novalis, à s'appeler « magique ». Le magisme pénètre l'œuvre de Scbelling, de Fichte et déjà de leur maître Kant, riiomme qui a veut » que Dieu soit. Et Frédéric Schlegel célébrera cet « art » mirifique, qui délivre la nature de ses liens, en rétablissant le royaume de Dieu ^^\
L'homme est le Messie de l'univers qu'il domine : cette idée n'est point particulière à l'occultisme, ou isolée dans l'histoire de l'esprit humain. Elle se rattache à l'ancienne croyance religieuse qui, pour mieux expliquer, réunissait le ciel à la terre, et ainsi, guidée par les dieux, pensait participer au pouvoir qui mène le monde. A l'homme qu'on suppose en relations avec le divin, on a prêté, de tout temps, une mission ici-bas. Il représente les volontés célestes, il est armé de puissance. Son autorité s'étend sur la nature. Et l'on assure qu'Adam, dans
105. NovALis, Schriften. Neuausgabe von E. Heilborn, 2, Theil. — Fragmente (meist naturwissenschaftlichen Inhalts), p. 244.