‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 165 sur 210 · ECK, op. cit.. p · texte numérisé non relu

ECK, op. cit.. p

8. D. Georg Fr. Seiler, Ueber die gôttlichen Offenbarungen. Vornehmllch die welche Jésus und seine Gesandten empfangcn haben. Erlangen, 1. Theil, 1796, p. 368-369.

9. Cf. nos « Origines mystiques de la Science " allemande " ».

Le profit est immense. E-amener le miracle à la nature, c'est y voir un phénomène inhérent à l'Histoire humaine, dont les lois sont posées par l'historien-philosophe. Il appellera doctrine révélée la doctrine propice à l'éducation providentielle qu'il conçoit.

h) L'Histoire fut ce qu'ils veulent qu'elle ait été.

Appliqué au fait même de la Révélation, ce système olîrait un avantage nouveau. La preuve historique était impossible aux yeux du jugement et de l'expérience, si l'on admettait que le surnaturel ne se distingue pas de la nature. En ce verbiage consiste l'erreur mystique préméditée par Herder, et achevée par les philosophes, la simple et grossière fusion de la réalité et du miracle, de la religion et de la science, qui permet à l'éducateur inspiré d'interpréter l'Histoire comme un mystère perpétuel dont lui seul a le sens. La commune raison n'y peut rien discerner, le fait de la Révélation lui échappe. Mais une autre « raison » purement « pratique » connaît a priori le monde, et les intentions de la providence, même dans le passé.

L' « idée de Révélation », disait Fichte, a son origine « dans le champ de la Raison pratique ». Elle doit être déduite a priori des idées de cette « raison », « pour prescrire sa loi, d'après les principes pratiques, à une certaine expérience, ... en quoi il ne s'agit pas de la justesse ou de la fausseté de l'observation faite, mais de ses résultats pratiques » 10. Kant assure que personne ne saurait con-

10. Fichte, Versuch einer Krltih aller Offenbarung (l. Aufl. Kônigsberg, 1792). J. G. Flchte's sâmmtliche Werke. Hrî^g. von J. H. Fichte. 5. Bd.. p. 75-76.

tester à un écrit qui, dans son contenu <r pratique », ne contient que du divin, la possibilité d'être vraiment, historiquement, considéré comme une révélation surnaturelle ^^. La philosophie kantienne, déclare Rosenmùller, à la même époque, interprète rïTistoire de telle sorte « que cela concorde avec une pure religion rationnelle, quoi qu'il en soit de l'Histoire »^2| car la connaissance historique est de ces choses indifférentes en soi, « que chacun peut traiter selon qu'il le trouve édifiant pour lui » ^^. — Il y a, d'après riug-g-e, « une certaine sorte de principes, qui sont en rapport, avec l'histoire » : ce sont « des postulats pour l'histoire » : la raison pratique est <r obligée » de les adopter, et elle « doit admettre qu'ils sont compris dans une Histoire achevée » ^^. — Une Révélation, lisons-nous ailleurs, « est un postulat pour l'histoire humaine », même « en admettant qu'on n'y piit établir aucun fait qui le prouve » ^^.

Ainsi le problème de la Révélation ne se présente plus avec cette netteté déconcertante qui avait effrayé le rationalisme protestant devant les progrès de l'Histoire. Est-elle véritable, cette Révélation, peut-on la prouver ? — -A quoi bon ? L'Histoire est infirme par elle-même, elle ne saurait fournir aucune preuve, qui ne lui ait été suggérée par le

11. Kant, Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Verminft. 1793. — Kaxt. éd. cit., l. Abt.. 6. Ed., p. 132.

12. D. Joh. Georg- IîosEX>rûLLER, Einirje BemerKiingen das Studium der Théologie betreffend. Nebst einer Abhcllg ûber einlge Aeusserungen des H. Prof. Kants... Erlangen, 1794, p. 71.

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