‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 169 sur 210 · Cl. ci-dessus, chap. II · texte numérisé non relu

Cl. ci-dessus, chap. II

de son côté le Christianisme, appliquant à l'Histoire la notion que l'iiomme est perfectible, offrait un faux-semblant de théorie évolutionniste que Ton put développer au XV IIP siècle sous prétexta d'esprit nouveau, et d'ailleurs pour la mettre au service des intérêts a pratiques » de l'époque. Les Apologistes avaient montré, dans la destinée religieuse de l'humanité s' a cheminant de loin à l'Evangile, un dessein du Très-Haut inspirant la marche même de l'histoire. Les lumières naturelles, — cette révélation indirecte — , aidées de la sage réflexion, avaient permis à des païens éclairés de parvenir jusqu'aux abords de la Térité ; et même, pris dans son ensemble, le paganisme et tout l'univers, à la suite du peuple hébreu, tendait à la « vérité » chrétienne et à la directe Eévélation. Jadis les païens n'avaient eu que la prescience, et les Juifs privilégiés n'avaient reçu que la Loi : seul l'Evangile ét-ait une possession définitive, offerte aux uns et aux autres, à l'humanité entière, en temps opportun ^. Saint Jean Chrysostome s'écriait : « D'enfants, la grâce nous a élevés à la valeur d'hommes faits »; notre vertu, dès lors, <t doit monter plus haut » ^, jusqu'aux vertus du chrétien. De pareille façon, les déistes du XVIII^ siècle voient l'humanité s'élevant par étapes jusqu'à la « culture » suprême, selon le plan d'une providence. L'Evangile chrétien, luimême, n'est plus qu'un épisode bienfaisant au cours de cette destinée, qui s'achève en Allemagne par le système « pratique ».

Il a donc suffi que la volonté d'une utilisation a pratique » de la connaissance vînt se joindre, en

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