Cf. ci-dessus, chap. VI
48. Traduit du Irançals dans la Freywaurer-Biiniotheh, 1. Stiick, 2. Auflage. Berlin, 1782, p. 108.
comme on emploie le cœur des vipères pour guérir de leurs morsures ; on mêla beaucoup de fables avec des vérités utiles, et les vérités se soutinrent par les fables 1)^9^ — Et de même la théologie allemande attribue ce système d'utile fiction aux antiques éducateurs et particulièrement au Cbrist, mais c'est pour en autoriser l'application présente dans l'esprit que nous connaissons ^'^. Les enseignements du Christ, disait Steinbart, se revêtaient de symboles, à cause du « peuple très sensuel » : n'est-il pas naturel que le christianisme reste pure « métaphysique » pour les théologiens, mais soit fantasmagorie devant le public ^^ ? Et, aux yeux de vSemler, « la corruption de la religion chrétienne est devenue dominante lorsqu'on a supprimé complètement cette double doctrine » : car ne faut-il pas tenir compte du degré de culture, instruire différemment les incapables et les esprits exercés ^^ ? — Mais ici, « incapable » désigne le peuple, qui trop éclairé, pourrait renier le dogme et la morale nécessaire à l'Etatisme ^^ ; l'insuffisante « culture » n'est que celle des hommes qui n'ont pas le sens de la discipline ou de la raison d'Etat...
En elîet, l'œuvre de discipline poursuivie en Allemagne par les théologiens protestants, la volonté de cacher au peuple certaines vérités tenues pour dangereuses, donnèrent soudain au système maçonnique une singulière actualité. C'est alors qu'on se prit à dire qu'il fallait dissimuler le savoir
49. La Philosophie de l'Histoire, par feu l'Abbé Bazin A T'treoht, 1765. p. 185.