Cf. ci-dessus
56. C. F. Bahrdt, Briefe iiber die Bibel, im Volhston, 2. Viertel- Jahrgang, 1781, 14. Brief, p. 211-212.
LA c( CULTUBE » ET LE GERMANISME 323
assesseur au consistoire ^'^. Mais traiter d'allégorique fiction un saint enseig-nement, ce n'est point le déprécier. Ce mot de « fable », disait Micliaelis en 1787, « pourrait sembler — qui le croirait ? — à des savants eux-mêmes, choquant et péjoratif » : soupçon injustifié ! <r Une fable didactique n'est rien de méprisable, certes, rien qui soit indigne de l'inspiration divine » ^^. — N'est-elle pas en effet le louable symbole qui courbe le peuple devant la divinité d'une leçon ? Il faut se mettre à la portée des hommes, par des fictions appropriées : loi humaine, loi divine. Enseignant au peuple la Révélation, les modernes éducateurs font de même. Yraie ou fausse, elle est une illusion utile, pour la Morale d'Etat.
Il sufiît donc que les religions soient appropriées au besoin des peuples. Leur excellence pratique devient la réalité même du divin. Quant à la notion traditionnelle et surannée du surnaturel, telle qu'elle servit à discipliner le vulgaire, elle constitue précisément la fiction « utile au peuple ». l'heureuse fiction qui aida l'éducateur. Les philosophes ou législateurs — organes providentiels — jouaient de la féerie du Surnaturel comme d'un symbolisme propre à initier les hommes. Pour eux-mêmes, ils gardaient une pure religion « intérieure » qui ne saurait être que celle des théoriciens allemands. Sa leçon, comme un sens mystérieux, se poursuivit à la faveur des législations ou des dogmes divers. L'historien inspiré, sorte d'Initié moderne, en possède la clef révélatrice. Ainsi la philosophie « pratique », nouvelle religion, résume et concentre la