la., p
enseignements élevés, auxquels l'avait conduit une réflexion profonde ^i ». Ce n'est pas à dire que des miracles interviennent du deliors, mais seulement, que les enseignements adaptés à l'esprit et à la culture d'un peuple sont excellents, et — comme disent les peuples — sont divins ^2. Sitôt qu'un peuple, par lui-même, par le sentiment de son Besoin, « s'est élevé un peu », écrit encore Cari Grosse, alors un nouveau maître lui est nécessaire : « la première période de sa culture est achevée, et les doctrines du nouveau Sauveur ouvrent la seconde ^^ ». Les véritables prophètes ne sont autres que les éducateurs opportuns. — Par suite, si les idées nécessaires à un peuple font encore totalement défaut, lisons-nous ailleurs, on peut penser qu'au sein d'un tel peuple existent des individus « qui s'élèvent au-dessus de leur peuple et de leur époque, et dont la raison théorique et pratique est plus cultivée que celle du reste de leurs contemporains: qui, par conséquent, peuvent atteindre d'eux-mêmes ces idées plus exactes, indispensables à la vraie moralité, et ensuite, en leur qualité d'éducateurs de l'époque, les communiquent à leurs contemporains... »6^. Or pareil prophétisme opportun — donc divin — est celui-là même qui anime les philosophes d'Allemagne, artisans d'un Etatisme mystique. En eux se réincarne le Terbe des grands Inspirés. « Pouvons-nous donc nous étonner que justement ces principes d'une pure Eaison
61. Cari Grosse. Helim, oder Ueber die Seelenwander mg. Zittau und Leipzig, 1789, p. 204.