Cf. ci-dessous, 2e et 3^ parties
30. Herder, Hrsgg. von B. Suphan, IV. Bd., Journal mein'-r Reise im Jahr 1769. p. 351-354.
l'expérience historique et les idées nouvelles 59
liumain ne s'éteindra pas avant que tout cela ne soit éclairci. « Histoire universelle », dit-il encore — comme Bossuet. Mais Bossuet, cet apologiste orthodoxe, étranger au mouvement moderne des sciences et de l'histoire, se bornait à la destinée des Etats. Herder, apologiste des idées d'humanité et de Xature, et de la Eeligion tout à la fois, ne connaît pas de limites : à l'homme il ajoute le monde, les animaux du continent, les poissons de la mer. L'ambition d'une synthèse s'élargit avec l'horizon. — Pourtant on retrouve ici encore l'influence apologétique. Innocent vestige, bien souvent î Mais nous verrons que des théoriciens allemands, désireux de sauver la Eeligion des attaques de l'Histoire, utilisent cette notion de providence avec un singulier parti-pris : la « Xature » elle-même deviendra pour eux le miracle ; ils diront qu'une religion humaine n'en est que plus divine.- Singulière aberration qu'inspirait l'ancienne vision apologétique de l'univers, rénovée à l'époque moderne, et survivante même en d'autres âmes éloignées de l'orthodoxie et peu enclines au surnaturel I
Xous examinerons ailleurs ^i comment la religiosité persévère, se grise des nouvelles notions propagées par les historiens. Ici, suivons l'extension de cette science universelle des événements humains. Tous les systèmes nous y ramènent.
Déjà les G-iecs qui se dégageaient du siu^natureL conçurent dès lors la continuité de l'homme et de la nature, et leur commune évolution. — Diodore de Sicile 32 exposait, d'une manière voisine du XYIII^ siècle, les relations des peuples avec leur milieu. Il