Cf. ci-dessus, chap. V
vrance des « forces liumaiues » : « là où la raison règne, là existe la vraie théocratie, qui sans aucun doute est Tidéal d'une heureuse constitution d'Etat. Quand se fera-t elle jour ? L'Eldorado est en haut et en bas ; ne peut-il donc pas être aussi sur terre ? ^" » Ainsi le rêve d'un Etat maçonnique et mystique préparait l'avenir. « Où donc j a-t-il une guerre sainte », s'écrie Sclielling, « si l'Etat n'a en lui rien de sacré, et a rejeté de lui-même, comme étrangère, la seule chose sacrée qu'il enfermât encore, la religion ?... y>^^. — C'est bien une sainte ferveur qui anime l'époque, les éducateurs, qui font de Dieu le postulat du « Besoin » de l'instant. Kant imagine un souverain intérieur à la société, quelque universel scrutateur des consciences, au sein d'un peuple de Dieu ^^. « Sous le règne du bon Principe », disait-il, « chaque membre reçoit du Législateur suprême, immédiatement, ses ordres »^. « L'Etat » fut de même une ambition, de l'idéologie scientifico-romantique ; et nous l'avons déjà montré, dans un autre ouvrage ^i, comme idéal du « Dynamisme » mystique de Schelling. « Les tribunaux, les théâtres, la cour, l'Eglise, le gouvernement, les réunions publiques, les académies, les collèges », proclamait Xovalis, « sont quasiment les organes spéciaux, intérieurs, du mystique individu- Etat » 9"^. Singulière poésie pour un Romantique :
87. Th. G. vox HippEL. Kreuz und Querzuge des Ritters A. bis Z-, -2. Theil. Leipzig. G. J. Goschensche Verlagshandiung, 1860 (ire édition, 1793-179/j), p. 297-298.
88. SCHELLING, €d cit.,1. Abt., 8. Bd. Uebev das Wesen deutscher Wissenschaft, p. 12-13.
89. Kaxt, Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Vernunft, 1793, éd. cit., 1. Abt., 6. Ed., p. 99-100.