‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 186 sur 210 · Cf. ci-dessus, chap. VIII · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, chap. VIII

bonne », c'est-à-dire « l'Etat » que construisait l'Allemag-ne patiente. Son triomphe serait celui de Dieu sur terre, de même que son Etat, providentiellement, réalisait la « Culture » humaine ; et dans sa force vivrait une céleste discipline... L'Allemagne s'acheminait à 1813 et à l'enthousiasme d'autres victoires. Son ambition persistait à s'orner de sophismes autoritaires et d'un mirage religieux. Plusieurs fois ainsi, sa « Culture » devait surprendre, par des résultats inévitables, l'Europe qui ne semble pas l'avoir comprise.

Hegel a « justifié scientifiquement l'énergie de l'idée allemande d'Etat », c'est-à-dire, d'après l'historien nationaliste Treitschke, « cette riche activité profitable à la culture, que pratiquait déjà depuis longtemps l'Etat prussien » i^^. Par suite Arnold Ruge voulait «lutter pour cette philosophie de Hegel telle qu'il la comprenait, " la vraie réalité, la conscience du temps, le positif authentique, le dernier résultat historique ", car " la Guerre est la Tie, et la Vie doit être " » ^^'^. Dès les débuts de l'Etatisme, la « culture » n'était-elle point l'apanage d'une religieuse discipline d'Etat ? A cette école s'étaient formés les fonctionnaires, officiers ou professeurs, à la fois mystiques -et soucieux de l'action : car « les mêmes idées étaient exprimées par les meilleurs hommes de plume et d'épée » ^^^ ; et les organisateurs de l'armée « vivaient en la croyance que dans la guerre les forces morales finissent toujours par d-écider » i^'''. Scharnhorst considérait l'armée « c mme une école du peuple »; ses collaborateurs

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