‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 197 sur 210 · Treitschke, on. cit., p · texte numérisé non relu

Treitschke, on. cit., p

142. Friedenshoffnimocn, 25. Sept. 1870. Treitschke, éd. cit., Thell 1, p. 377.

143. Les Discours de M le comte de Bismarck, vol. Pr. Berlin, Stilke et von Muyden. Paris, MM. Lévy Irères. — Chambre des Députés, séance du 23 août 1866.

polonais qui « se donnent pour un peuple », parle ainsi : « Défendre ici la nationalité polonaise, vous n'en avez point le mandat, personne ne vous a donné un tel mandat... ; en toute impartialité et avec tout mon désir d'être juste, je puis assurer que cette souveraineté (la souveraineté polonaise) était tout à fait et foncièrement mauvaise et que c'est à cause de cela qu'elle ne renaîtra jamais » ^^^.

Ainsi l'Etatisme de Bismarck, fort de sa traditionnelle « culture », connaît, juge et opprime au nom de cette « culture ». De la sorte, on peut toujours affirmer qu'un peuple qu'on opprime n'est pas « mûr » pour une Constitution... bien que dans ce peuple des consciences puissent répondre : « On ne veut pas que nous soyons majeurs ; nous l'étions cependant avant d'être annexés; nous étions même un peuple bien plus avancé » i^^. — Xon î « La grande majorité des Alsaciens-Lorrains ne sont pas mûrs pour une telle faveur; Bismarck ne les en aurait jamais trouvés dignes... » ^^^. Or cette philosophie n'est point celle de Bismarck, mais de l'Etatisme d'Allemagne, tout entier. Dès le début de sa formation intellectuelle au XVIII® siècle, il s'est défini comme le sj'stème « pratique » d'une coalition d'initiés, en face du peuple qui n'était pas « mûr » pour la vérité sans voiles, mais dont les dangereuses tendances nécessitaient Terreur utile... « utile au peuple ». C'est en le bridant au moyen de fictions arbitraires, sous prétexte de parfaire son insuffisante culture, qu'on le tenait à la merci de l'orga-

144. Les Discours de M. l" comte de Bismarck, vol. III. Reichaag allemand, ire ses.sion de 1871, séance du l^r avril, p. 13-14.

14.5. Eébat au Reichstag sur la Constitution de l 'Alsace-Lorraine, Berlin, 28 janvier 1911. — Discours de M. l'abbé Wetterlé.

I'i6. Id., Discours de M. Libermann von Sovnenberg .

nisation d'Etat '^~. Une telle mentalité, se tournant vers d'antres peuples en vertu d'un rêve mondial et « humain », invoque nécessairement la « Culture » dont elle est forte et qui manque aux autres, pour les asservir à sa loi, en leur nom, quoique contre eux-mêmes, de par sa divine mission. Ecoutons Treitsclike en 1870 : « Xous, Allemands, qui connaissons l'Allemagne et la France, nous connaissons mieux l'intérêt des Alsaciens, que ces malheureux eux-mêmes, qui dans la déformation de leur vie française restèrent sans information fidèle de la nouvelle Allemagne. Xous voulons leur rendre leur propre " moi " contre leur volonté » i^\

La « liberté » véritable, n'est-elle pas la Discipline germanique ? Les Français, « barbares à demi-civilisés » , asservirent les Alsaciens ^^^ ; les Allemands possèdent « une conception plus morale de la liberté qui a sa racine dans la pensée du devoir... » i^^. On parle d'une « liberté » qui ne serait autre que l'obéissance à la loi... à la loi définie par quelques initiés. Or la philosophie « pratique » qui rénova l'Etatisme au XTIII^ siècle, était pleine de cette absurdité mystique : la Discipline, c'était la « liberté » pour tous... car le philosophe postulait que la Loi de sa volonté fût a priori l'essence de toute nature humaine ; de même qu'il prenait sa « Raison » pour le Yerbe divin, légiférant sur terre ^^i.

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