Cf. Ci-dessus, chap. VIT
Tout se ramène à ces fictions dominatrices, a Moimême et mon but nécessaire », déclarait FicKte, « sommes le suprasensible » ^^^. Dieu, pour Schelling, ne devait-il pas être « la substance de toute la pensée et de toute l'action, non pas simplement un objet » ^^^. Or n'était-il pas entendu déjà par un Scbelling ou par un Scblegel, que ce Verbe divin ^^^ animant les inspirés comme une magie impérative, s'incarnait chez l'Allemand, éducateur providentiel de l'humanité présente ?... Et nous lisons plus tard chez un pangermauiste : « Si je ne me trompe, une seule religion nouvelle est possible : connaître et aimer Dieu dans l'homme, seulement, certes, non pas dans l'homme naturel, mais dans l'homme régénéré... Nous ne devons pas être humains, mais des enfants de Dieu...; non pas chrétiens, mais évangéliques : le Divin vivant en chacun de nous, incorporé, et nous tous unis en un cercle qui se complète » i^^. Le a divin » est donc descendu sur terre, dans le mage éducateur de la philosophie romantique, puis dans 1' « Allemand » du pangermanisme... Œuvre de magisme, en eô'et : — « Je veux et par suite je crois », disait Schmid ^^. « Je veux » que Dieu soit, s'écriait chez Kant la raison « pratique ». a Dieu ne s'offre pas de lui-même », dira le pangermaniste, « mais il doit être arraché de force au ciel j>^'>'^... Alors, si l'on appelle Dieu
152. Ueber den Grund unseres Glaiibeiis an eine gôttliche Weltregierung. Phil. Journal, Bd. VIII, 179S. — J. G. Fichte, éd. cit., 5. Bd., p. 181.
153. SCHELLING, System der gesammten Philosophie... — SCHELLING, éd. cit., 1. Abt., 6. Ed., p. 558.
154. Cf. Kant : « Le Dieu qui parle par notre propre Raison pratique >-; cf. ci-dessus, cJiap. VII.
155. Paul VON Lagakde, Deutsche Schrlftcn. Gôttingen, 1878. Dieterichsche Verlags^uchhandlung, p. 53-54.