Saint Jean Chrysostome. t. II. /oe Homélie..., p
aurait fallu qu'un autre se rencontrât pour les lui enseigner... Maintenant ces ouvrages, en raison de la ditterence d'idiome, eussent été perdus pour le Scythe, le Barbare, l'Indien, l'Egyptien, pour tout homme en un mot, à qui cette langue eût été étrangère. Mais il n'en est pas ainsi du spectacle du ciel. Le Scythe, le Barbare, l'Indien, l'Egyptien, tous les hommes entendent son langage; car c'est par les yeux et non par les oreilles que nous sommes en rapport avec lui, et il n'y a pas de diversité dans la manière de voir, comme il y a diversité dans la manière de parler "^ ».
Mais est-ce à dire que les Païens aient pris conscience de la vérité divine aussi nettement que les Chrétiens éclairés par l'Evangile ? Gardons-nous de confondre notre piété avec leurs grossières conclusions. Certes, ils ont connu Dieu : mais ils sont demeurés « d'inexcusables ingrats » ^.
En y joignant donc cette réserve, les apologistes prêtent volontiers à l'antiquité païenne l'intuition du a vrai ». Ils assurent, en d'innombrables ouvrages, que la Lumière s'était manifestée mainte fois, soit par une vision prophétique, soit parce qu'on l'avait empruntée aux écrits de Moïse, soit pour la plus simple cause qui fût : l'instinct naturel, seconde Révélation. De toutes façons, « il y a donc ingratitude dans l'erreur des hommes, mais non ignorance » ^. Si les Païens ont négligé la leçon divine, du moins ils l'avaient reçue, et pouvaient même en faire bon usage, parce que l'œuvre de la Loi est a inscrite dans leurs cœurs » ^^.