‹ Du christianisme au germanisme; l'évolution religieuse au 18e siècle et la déviation de l'idéal moderne en AllemagneChapitre 33 sur 210 · Id., p · texte numérisé non relu

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LE DANGER d'iREÉLIGION ET LE PROBLÈME POLITIQUE 103

Dans rAllemagne protestante, le « Naturalisme » est installé an sein dn clergé, a Le parti orthodoxe est de beaucoup le plus faible » ; la majorité est « éclairée, libre-penseuse » ^^. Déjà plusieurs chrétiens, lisons-nous, ont émis le vœu qu'une Eglise de religion « naturelle » fût instituée en quelque lieu. « Est-il étonnant que des esprits clairs et des cœurs vraiment généreux aient perçu les faiblesses, le ridicule, l'ignominie, l'immoralité du système ordinaire, et s'y soient arrachés, pour se contenter de la religion que la raison la plus élevée peut juger cligne de Dieu ? Loin de prétendre à des révélations particulières, ni d'exiger la croyance aux miracles ou en quelque divinité nationale, leur religion est le résultat de la réflexion la plus sérieuse et la moins partiale » i^.

Cette agitation avait inquiété l'Eglise. L'impiété envers la sainte Ecriture se répandit 20 « assez vite et bien plus loin qu'on ne pensait. Tout le pouvoir de la hiérarchie ne suffisait plus à enrayer le mal... L'irréligion s'attaquait à la hiérarchie elle-même, avec les sarcasmes les plus amers. Elle entraînait le plus efîroj'able athéisme, la plus répugnante corruption ». Il était à prévoir — continue de Marées — que la campagne méthodiquement poursuivie par la « Bibliothèque allemande universelle », d'abord contre le dogme et les livres Sj'mboliques, puis contre toutes les particularités de l'Eglise — non seulement protestante, mais chrétienne — ne visait a qu'à un îs^aturalisme, ou, comme on s'exprime

18. Berlinische Monatsschrift. Hrsgg. von F, Gedike iind Biester, 3. Ed., Màrz 1784. — 11. Bd. Ueber Berlin. Von einem Fremden, p. 278.

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