Cf. ci-dessous, chap. VI
45. Friedrich der Zweite, Gedanken ijber die ncligion, 2. Aufl., 1792, 17 mai 1770, i). 38.
LE DANGER d'iREÉLIGIOX ET LE PROBLÈME POLITIQUE Jl?
Herder ^^, philosophe et théologien, dénonce les aspirations révolutionnaires, cet « eôroyable... mal français ». Diiïamer la France, n'est-ce point se donner l'illusion d'une culture supérieure ? Le philosophe Stàudlin ^~, qui loue Kant de son œuvre pratique, condamnera le « plat scepticisme » qui sévit en France, où les Encyclopédistes et les Voltaire, et toutes les classes de citoyens, parlèrent de la religion comme d'un sujet où l'on ne peut rien affirmer de certain : et ceci, dit-il, conduisit à la Révolution. L'incrédulité gâte toutes les connaissances humaines, « elle détruit partout et ne construit nulle part ». — Qu'est-ce donc que « construire », en matière intellectuelle et religieuse ? C'est, pour la Prusse de l'époque, servir le « besoin d'Etat ». Quant à la conviction que l'on garde de ces vérités ou de ces croyances, nous avons ^-n ce qu'il en faut pensjr : l'exposé de l'ésotérisme Etatiste achèvera de rév.'der la mentalité des Initiés ^^. — Karl- Anton Mastiaux ^9 s'écrie que le « peuple allemand » doit être toujours a un peuple chrétien ». La religion est le plus ferme soutien d'un Etat, elle maintient les peuples ^"J. Il fulmine contre « les clameurs des démagogues français », tout autant que contre a les croassements de leurs adeptes allemands » ^^. Chez les Français la connaissance et la force de la religion n'ont pas progressé dans la même mesure que
46. Herder, Britj'e zur Befôrderung der Humanitdt. Anhang, Die franzôsische Révolution, 1792. — Herder, SdmmtUche Werhe. Hrsgg. von B. Suphan, 18. Bd. Berlin, 18S3, p. 313.
47. St.audlin, Geschichte und Geist des Shepticismus... Leipzig, I. Bd., 1794, p. 123-1-24.